Submersion marine : que faire en vigilance vagues-submersion quand on vit sur la côte
Vigilance vagues-submersion orange ou rouge : s’éloigner des côtes, monter à l’étage, préparer sa maison. Les consignes de Météo-France et de Géorisques pour le littoral.
Par Tom Calder · Mis à jour le 30 octobre 2026 · D’après Météo-France, Géorisques, le ministère de la Transition écologique et les agences régionales de santé

- Une submersion marine est une inondation temporaire de la côte par la mer, qui peut durer de quelques heures à quelques jours. Elle survient en général à marée haute, lors d’une tempête, et elle est plus forte quand les coefficients de marée sont élevés.
- Météo-France la prévoit avec la vigilance vagues-submersion, qui colore le littoral des départements concernés. La carte est actualisée au moins deux fois par jour, à 6 h et 16 h.
- En orange comme en rouge : ne pas prendre la mer, s’éloigner des côtes et des estuaires, et si l’eau monte, rejoindre le point le plus haut possible ou l’étage, en dernier recours le toit.
- Les digues et les fronts de mer sont particulièrement exposés : selon Météo-France, une seule vague peut suffire à emporter un passant. On ne va pas regarder les vagues de près.
- Pour une maison sur la côte, l’essentiel ne coûte rien : savoir si l’on est exposé, repérer un endroit en hauteur, savoir couper le gaz et l’électricité, et garder son kit d’urgence à portée de main.
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Qu’est-ce qu’une submersion marine ?
Pour Géorisques, les submersions marines sont des inondations temporaires de la zone côtière par la mer, de quelques heures à quelques jours. La mer peut déborder par-dessus les digues ou les dunes, les franchir par paquets de mer poussés par les vagues, ou les rompre sous l’attaque de la houle. L’eau envahit généralement les terrains situés sous le niveau des plus hautes mers, mais elle peut atteindre des terrains plus hauts si les vagues franchissent les protections.
Ces submersions surviennent en général à marée haute et sont amplifiées par les forts coefficients de marée. Elles sont déclenchées par une tempête : la baisse de la pression atmosphérique, une forte houle qui fait monter le niveau d’eau à la côte (la surcote) et un vent fort venant du large. Météo-France rappelle que tout le littoral de l’Hexagone peut être concerné, y compris en Méditerranée, où la marée est pourtant faible.
Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia a submergé une partie du littoral atlantique, en particulier dans les Pays de la Loire, à La Faute-sur-Mer et à L’Aiguillon-sur-Mer, en Vendée. Depuis 2011, une vigilance spécifique, construite par Météo-France avec le Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom), permet d’anticiper ces épisodes.
La vigilance vagues-submersion
Météo-France fixe le niveau de vigilance vagues-submersion en combinant les effets des vagues, de la houle et du niveau de la mer, prévus sous l’effet de la marée, du vent et de la pression atmosphérique ; le Shom fournit le calcul de la marée et le niveau de la mer. Quand une vigilance est émise, le littoral des départements côtiers concernés est coloré sur la carte, actualisée au moins deux fois par jour, à 6 h et 16 h.
En jaune, Météo-France parle de phénomènes occasionnellement dangereux mais habituels pour la saison ou la région, comme de fortes vagues submergeant le littoral ; elle invite à consulter les prévisions, surtout si l’on pratique une activité exposée comme la voile. Les conseils de comportement détaillés accompagnent l’orange et le rouge.
La carte se consulte sur vigilance.meteofrance.fr et dans l’application Météo-France, où l’on peut s’abonner aux notifications de passage en orange et en rouge pour un ou plusieurs départements (menu Notifications). Les préfectures et les mairies peuvent compléter ces conseils, et les médias locaux les relaient.
En vigilance orange
Météo-France prévoit alors de fortes vagues déferlant sur le littoral, des projections de galets et de déchets, et une élévation temporaire du niveau de la mer à la pleine mer, qui peut localement provoquer des envahissements côtiers. Des submersions importantes sont à craindre aux abords des estuaires, à marée haute de fort coefficient. Les conseils de Météo-France :
- « Je ne prends pas la mer »
- « Je m’éloigne des côtes et des estuaires »
- « Je me tiens informé et je localise mon kit d’urgence »
- « Je surveille la montée des eaux et je protège les biens qui peuvent être inondés »
- « Je rejoins le plus haut point possible ou me réfugie en étage, en dernier recours sur le toit »
En vigilance rouge
En rouge, Météo-France prévient qu’associés à de forts coefficients de marée, les risques de submersion côtière et d’inondation des terres seront extrêmes. Ses conseils : « Je ne prends pas la mer », « Je m’éloigne des côtes et des estuaires », « Je me tiens informé auprès des autorités », « Je rejoins le plus haut point possible ou me réfugie en étage, en dernier recours sur le toit » et « J’évacue uniquement sur ordre des autorités et j’emporte mon kit d’urgence ». Tant que l’ordre n’est pas donné, restez à l’abri, à l’étage si l’eau menace. Si l’ordre arrive, notre guide Évacuation : que faire détaille chaque étape.
Sur la côte : ne pas aller voir les vagues
Le spectacle attire, mais Météo-France est claire : les digues et les fronts de mer sont particulièrement à risque, une seule vague peut suffire à emporter un passant, et les galets ou objets projetés peuvent blesser. Les fortes vagues et le vent peuvent aussi faire chavirer les bateaux ou emporter loin du rivage les pratiquants de sports nautiques, les baigneurs et les pêcheurs. Pendant la tempête Austen, en octobre 2026, la préfecture du Pas-de-Calais déconseillait ainsi fortement les promenades sur le littoral et dans les estuaires, à cause des risques de submersion.
Météo-France signale aussi que les occupants des maisons sans étage sont particulièrement exposés lors d’événements soudains, et que l’eau peut ralentir les secours et les évacuations. Si votre maison est de plain-pied et proche de la mer, repérez dès maintenant un endroit en hauteur où vous réfugier, chez un voisin ou dans un bâtiment proche.
Préparer une maison exposée
Commencez par savoir si votre adresse est exposée : renseignez-la dans « Connaître les risques près de chez moi » sur Géorisques, et demandez à votre mairie quel type d’inondation peut survenir et quels lieux d’hébergement sont prévus en cas d’évacuation. Dans les communes concernées, des plans de prévention des risques littoraux (PPRL), élaborés sous l’autorité des préfets, encadrent l’urbanisme et sont annexés aux plans locaux d’urbanisme.
Géorisques conseille ensuite d’aménager une zone refuge à l’étage, avec une ouverture permettant l’évacuation, ou d’identifier un lieu proche où se réfugier ; de prévoir les protections à installer, comme des sacs de sable ou des batardeaux (des barrières amovibles posées devant les portes), et de quoi surélever les meubles ; et de faire réaliser un diagnostic de vulnérabilité de la maison. Notre guide Protéger sa maison d’une inondation détaille ces travaux et leurs aides.
Le reste ne coûte rien : savoir où se trouvent le disjoncteur général et le robinet de gaz, et garder le kit d’urgence prêt, avec une lampe, une radio à piles et des téléphones chargés. Notre comparatif des lampes et celui des radios d’urgence peuvent aider s’il vous manque quelque chose ; sinon, ce que vous avez déjà suffit.
Si l’eau monte
Face à une inondation, Géorisques et l’agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes donnent des consignes proches. Coupez si possible le gaz, l’électricité et le chauffage, sans vous mettre en danger, et n’utilisez pas d’équipements électriques comme les ascenseurs ou les portes automatiques. Réfugiez-vous en hauteur ou à l’étage, dans une pièce avec une ouverture vers l’extérieur pour faciliter l’accès des secours, avec votre kit d’urgence. Ne descendez pas dans les sous-sols ni dans les parkings souterrains.
Ne prenez pas votre voiture : 30 cm d’eau suffisent à emporter un véhicule. Évitez de téléphoner pour laisser les réseaux aux secours, restez à l’écoute des consignes, et n’évacuez votre domicile que sur ordre des autorités. Ne retournez pas sur le front de mer pour voir où en est l’eau.
Après : rentrer, sécher, déclarer
Ne regagnez pas votre domicile avant une autorisation officielle. Avant d’y entrer, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes conseille d’inspecter les murs, les planchers et les escaliers à la recherche de signes d’affaissement : l’eau peut affaiblir le sol. Faites appel à des professionnels avant de rebrancher l’installation électrique et le chauffage, ne branchez pas d’appareils électriques mouillés, et ne descendez pas à la cave ou au sous-sol sans l’autorisation des autorités. Avant de boire l’eau du robinet, demandez à la mairie si elle est potable.
Pour pomper ou sécher, attention au monoxyde de carbone. L’ARS Bretagne le rappelle : n’utilisez sous aucun prétexte un groupe électrogène dans un lieu fermé (maison, cave, garage), il doit impérativement être placé à l’extérieur des bâtiments. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes ajoute que les nettoyeurs à moteur thermique doivent eux aussi fonctionner à l’extérieur, y compris hors des caves, sous-sols et garages. Maux de tête, nausées, fatigue intense ou malaise doivent alerter : aérez immédiatement en ouvrant portes et fenêtres, arrêtez si possible les appareils à combustion, sortez des locaux et appelez le 15, le 18 ou le 112 (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes).
Photographiez et filmez les dégâts, prenez contact avec votre mairie et votre assureur. Déclarez le sinistre à votre assureur dès que vous en avez connaissance ; si l’état de catastrophe naturelle est reconnu, vous avez au plus tard 30 jours après la publication de l’arrêté.
Les numéros utiles
Le 112 est le numéro d’urgence européen, gratuit partout dans l’Union européenne. Le 15 est le SAMU, le 18 les pompiers, le 17 police secours, et le 114 le numéro d’urgence par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes. Notez-les sur papier et rangez-les dans votre kit : si votre téléphone est déchargé, vous les aurez sous la main pour appeler d’un autre poste.
En vigilance orange ou rouge, ne prenez pas la mer et éloignez-vous des côtes, des digues et des estuaires : une seule vague peut emporter un passant. Si l’eau monte chez vous, rejoignez l’étage ou le point le plus haut possible, et n’évacuez que sur ordre des autorités.
Questions fréquentes
Quelle différence entre la vigilance vent violent et la vigilance vagues-submersion ?
La vigilance vent violent porte sur la force du vent dans le département. La vigilance vagues-submersion combine les vagues, la houle et le niveau de la mer, sous l’effet de la marée, du vent et de la pression : elle colore le littoral des départements côtiers concernés. Les deux peuvent être émises en même temps lors d’une tempête.
Pourquoi le danger est-il plus grand à marée haute ?
Selon Géorisques, les submersions surviennent en général au moment de la pleine mer, et sont amplifiées quand les coefficients de marée sont élevés. Une même tempête est donc plus menaçante si elle coïncide avec une marée haute de fort coefficient.
Ma maison est de plain-pied près de la mer : que faire ?
Météo-France note que les occupants des habitations sans étage sont particulièrement exposés. Repérez dès maintenant un lieu en hauteur proche où vous réfugier, demandez à la mairie les lieux d’hébergement prévus, et en vigilance orange ou rouge, partez à temps vers ce lieu si les autorités le demandent.
Peut-on aller voir les vagues pendant une tempête ?
Non. Météo-France rappelle que les digues et les fronts de mer sont particulièrement à risque et qu’une seule vague peut suffire à emporter un passant. En orange et en rouge, la consigne est de s’éloigner des côtes et des estuaires.
Faut-il acheter des batardeaux ?
Pas forcément. Géorisques conseille de prévoir des protections comme des sacs de sable ou des batardeaux, et de faire faire un diagnostic de vulnérabilité, qui indique les protections adaptées à votre maison. Commencez par vérifier votre exposition sur Géorisques et auprès de votre mairie.
Sources (16)
- Météo-France : vigilance vagues-submersion, conséquences et conseils
- Météo-France : comprendre les vagues-submersion
- Météo-France : guide de la vigilance météorologique
- Météo-France : guide de la vigilance, les couleurs
- Géorisques : les inondations par submersion marine
- Géorisques : la vigilance météorologique
- Géorisques : que faire en cas d’inondation
- Ministère de la Transition écologique : prévention des risques littoraux
- DREAL Pays de la Loire : les submersions marines
- Préfecture du Pas-de-Calais : tempête Austen, point de situation (octobre 2026)
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes : se protéger en cas d’inondation dans son logement
- ARS Bretagne : froid et intempéries, attention au monoxyde de carbone
- ARS Bretagne : inondations, attention au monoxyde de carbone
- Ministère de l’Intérieur : feux de forêt, s’informer, se protéger et agir
- Service-public.gouv.fr : indemnisation des catastrophes naturelles
- SGDSN : guide « Tous responsables », version complète (PDF)
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