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Réserves d’eau et de nourriture : quoi stocker chez soi, selon l’État

Ce que le guide de l’État demande vraiment de stocker, et ce qu’il ne dit pas : eau en bouteilles, nourriture sans cuisson, dates, rangement et réchaud.

Par Tom Calder · Mis à jour le 30 octobre 2026 · D’après le guide « Tous responsables » du SGDSN, Géorisques, l’Anses et le ministère de l’Agriculture

Un placard de réserves d’eau et de conserves
L’essentiel
  • Le guide « Tous responsables » du SGDSN demande d’avoir chez soi de quoi passer les 72 premières heures d’une crise : 6 litres d’eau par personne, en bouteilles, et de la nourriture qui se conserve et se mange sans cuisson.
  • Il ne fixe aucune durée plus longue. Il rappelle seulement que chacun doit pouvoir se protéger en attendant les secours, « s’il le faut durant plusieurs jours ». Nous n’inventons donc pas de chiffre.
  • La Commission européenne va dans le même sens : sa stratégie de mars 2025 prévoit des lignes directrices pour une autonomie de la population d’au moins 72 heures.
  • Gardez l’eau à l’abri du soleil et de la chaleur, comme le conseille l’Anses, et vérifiez les dates deux fois par an, comme le demande le SGDSN. Sur une boîte de conserve, la date est une DDM : une fois dépassée, l’aliment ne présente pas de danger selon le ministère de l’Agriculture, mais il peut perdre en goût.
  • Inutile de tout acheter d’un coup : quelques packs d’eau et des conserves que vous mangez déjà, ajoutés aux courses habituelles, suffisent à constituer la réserve.

Ce que dit le guide de l’État

Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) a publié en novembre 2025 le guide « Tous responsables ». Il part d’un constat simple : en cas de crise majeure, les secours doivent donner la priorité aux besoins les plus graves, et chacun doit pouvoir se protéger et protéger ses proches en attendant, s’il le faut durant plusieurs jours. Le guide cite parmi les effets possibles d’une crise des difficultés d’approvisionnement dans les grandes surfaces et des difficultés pour conserver les aliments quand le réfrigérateur ne fonctionne plus.

Sa réponse tient en trois principes : boire et manger, avoir chaud, se soigner. « Lorsqu’une crise survient, les premières 72h sont souvent les plus éprouvantes », écrit le SGDSN. Se préparer en amont permet aux secours de se concentrer sur les personnes en grande difficulté. Et le guide prend soin de le dire : « Avoir conscience de la réalité de la situation n’est pas céder à l’alarmisme. »

Ce qu’il ne dit pas

Le seul chiffre de durée du guide est de 72 heures. Il ne demande pas de réserve pour deux semaines ni pour un mois, et il ne donne aucune quantité de nourriture par personne : la seule quantité chiffrée est celle de l’eau, 6 litres par personne. Géorisques, le site de l’État sur les risques, reprend la même idée : un sac contenant de quoi vivre trois jours en autonomie. Si vous lisez ailleurs qu’il faut stocker pour des semaines, sachez que ce n’est pas ce que demandent le SGDSN ni Géorisques.

Côté européen, la Commission retient la même durée. Dans sa stratégie pour une Union de la préparation, publiée le 26 mars 2025, la Commission européenne annonce des lignes directrices pour que la population atteigne une autonomie d’au moins 72 heures, parce que la première période d’une crise est la plus critique. Rien ne vous empêche d’avoir un peu plus, mais rien ne vous y oblige non plus.

L’eau : 6 litres par personne, en bouteilles

C’est la seule quantité que chiffre le guide : 6 litres d’eau potable par personne, en bouteilles. La version facile à lire du guide fait le calcul pour un foyer de trois : 18 litres, soit 12 bouteilles de 1,5 litre. Pour votre foyer :

  • 1 personne : 6 litres, soit 4 bouteilles de 1,5 litre
  • 2 personnes : 12 litres, soit 8 bouteilles
  • 3 personnes : 18 litres, soit 12 bouteilles
  • 4 personnes : 24 litres, soit 16 bouteilles
  • 5 personnes : 30 litres, soit 20 bouteilles

Conserver l’eau

L’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, conseille de ne pas boire les eaux en bouteille au-delà de leur date, et de les stocker à l’abri du soleil et de la chaleur, dans un endroit frais comme une cave. Notez la date du pack le plus ancien et buvez-le en premier quand vous en rachetez.

Remplir des bidons au robinet n’est pas une bonne réserve à boire. L’Anses déconseille de réutiliser une bouteille en plastique comme gourde ou carafe pour l’eau du robinet, préfère le verre ou l’inox, et ne parle que de 24 à 48 heures au réfrigérateur. Un jerrican sert surtout à aller chercher de l’eau distribuée et à garder de l’eau pour se laver : c’est ce qu’explique notre comparatif des jerricans et bidons. En dernier recours, si vous n’avez plus d’eau potable, le SGDSN prévoit des pastilles de décontamination, en vente en pharmacie.

La nourriture : non périssable et sans cuisson

Le SGDSN demande de préférer la nourriture non périssable et qui ne nécessite pas de cuisson. Sa liste donne des exemples très ordinaires, qu’on trouve dans n’importe quel supermarché :

  • Des conserves : petits pois carottes, salade de fruits, sauce tomate
  • De la confiture
  • Des petits pots pour les bébés, et du lait infantile 1er âge liquide, prêt à l’emploi
  • Du café et du thé
  • De la nourriture pour les animaux
  • Un ouvre-boîte et un couteau multifonction, qui figurent dans le matériel de base du guide

Choisir ce que vous mangez déjà

Le plus simple est de stocker ce que votre foyer mange déjà, en tenant compte des régimes, des allergies et de l’âge de chacun. Une réserve qu’on consomme et qu’on renouvelle au fil des courses ne se périme pas au fond d’un placard. Pour le lait infantile, le guide précise « liquide prêt à l’emploi » : il n’y a pas d’eau à ajouter, ce qui compte quand l’eau manque.

Les dates : DLC et DDM

Deux dates figurent sur les emballages, et elles ne disent pas la même chose. La date limite de consommation (DLC), « À consommer jusqu’au », concerne des aliments périssables comme les yaourts, la viande ou le poisson frais : elle est impérative, et ces produits n’ont rien à faire dans une réserve. La date de durabilité minimale (DDM), « À consommer de préférence avant », figure par exemple sur les gâteaux secs et les boîtes de conserve. Selon le ministère de l’Agriculture, une fois cette date passée, l’aliment ne présente pas de danger, mais il peut avoir perdu tout ou partie de ses qualités : goût, texture.

Le SGDSN conseille de vérifier le contenu du kit deux fois par an, en particulier les dates de péremption des médicaments et des denrées, et de remplacer les piles ; la version facile à lire du guide dit « tous les ans ». Choisir deux dates faciles à retenir, comme les changements d’heure, aide à ne pas oublier.

Où ranger la réserve

Le SGDSN demande de placer le kit dans un endroit facile d’accès, que tous les membres de la famille sauront trouver. L’eau se garde au frais et à l’abri de la lumière. Si l’électricité est coupée, mangez d’abord ce qui se trouve dans le réfrigérateur, dans les limites de durée que donne notre guide coupure de courant d’après la préfecture de la Manche, puis passez aux conserves.

Cuisiner sans électricité : le réchaud

Le guide range un réchaud dans le matériel de base, avec le couteau et l’ouvre-boîte : de quoi réchauffer une conserve ou faire bouillir de l’eau si la cuisine ne fonctionne plus. Mais sa liste privilégie la nourriture qui se mange sans cuisson, et un réchaud n’est pas indispensable pour tenir trois jours.

Si vous en avez un, suivez scrupuleusement son mode d’emploi, en particulier ce qu’il interdit en lieu fermé, et ne vous en servez jamais pour vous chauffer. Les agences régionales de santé le rappellent : ne vous chauffez jamais avec des appareils qui ne sont pas faits pour cela (réchaud de camping, four, brasero, barbecue, cuisinière). Notre comparatif des réchauds de camping indique le combustible de chaque modèle.

Sans tout acheter d’un coup

Constituer la réserve ne demande pas de dévaliser un magasin. Quelques packs d’eau et quelques conserves, ajoutés aux courses habituelles pendant deux ou trois semaines, font l’essentiel. Le reste de la liste du SGDSN (lampe de poche, radio à piles, médicaments, papiers) se trouve souvent déjà à la maison. Notre outil kit 72 h calcule l’eau et la liste pour la taille de votre foyer, et le guide du kit d’urgence reprend toute la liste du SGDSN.

72 heures : ce que demande l’État

Le guide du SGDSN demande de quoi tenir les 72 premières heures : 6 litres d’eau par personne en bouteilles, de la nourriture qui se conserve et se mange sans cuisson, et un ouvre-boîte. Il ne fixe aucune durée plus longue.

Questions fréquentes

Combien de jours de réserves l’État demande-t-il d’avoir ?

Le guide « Tous responsables » du SGDSN parle des 72 premières heures, et ne donne aucune durée plus longue. Il rappelle seulement que chacun doit pouvoir se protéger en attendant les secours, s’il le faut durant plusieurs jours.

Combien d’eau faut-il stocker par personne ?

6 litres par personne, en bouteilles, selon le SGDSN : 18 litres, soit 12 bouteilles de 1,5 litre, pour un foyer de trois.

Peut-on manger une conserve dont la date est dépassée ?

Sur une conserve, la date est une date de durabilité minimale (« À consommer de préférence avant »). Selon le ministère de l’Agriculture, une fois cette date passée, l’aliment ne présente pas de danger mais peut avoir perdu de son goût ou de sa texture. La date limite de consommation (« À consommer jusqu’au ») est, elle, impérative.

Peut-on stocker l’eau du robinet pour le kit ?

Ce n’est pas ce que prévoit le guide, qui demande de l’eau en bouteilles. L’Anses indique qu’on peut garder l’eau du robinet au réfrigérateur 24 à 48 heures, de préférence dans du verre ou de l’inox. Un bidon sert plutôt à aller chercher de l’eau distribuée ou à garder de l’eau pour se laver.

Faut-il un réchaud dans sa réserve ?

Le SGDSN en cite un dans le matériel de base, mais privilégie la nourriture qui se mange sans cuisson. Si vous en avez un, suivez scrupuleusement son mode d’emploi, en particulier ce qu’il interdit en lieu fermé, et ne vous en servez jamais pour vous chauffer.

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