DLC ou DDM : quelle date de péremption compte vraiment, et pour quels aliments
« À consommer jusqu’au » est impératif ; « de préférence avant » ne l’est pas. Ce que disent l’Agriculture et la DGCCRF, aliment par aliment, et pour la réserve d’urgence.
Par Tom Calder · Mis à jour le 2 novembre 2026 · D’après le ministère de l’Agriculture, la DGCCRF, Santé.fr et le SGDSN

- Deux dates, deux sens. La DLC, « à consommer jusqu’au », est « impérative » : passée, l’aliment ne doit plus être consommé. La DDM, « à consommer de préférence avant », indique jusqu’à quand le produit garde toutes ses qualités : « le dépassement de la DDM ne rend pas l’aliment dangereux ».
- Les produits à DLC sont les périssables du frigo : yaourts, viande fraîche, poisson, plats cuisinés non stérilisés. Les produits à DDM sont les secs et les stérilisés : gâteaux secs, conserves, riz, pâtes, briques UHT.
- Une DDM dépassée se mange si l’emballage est intact et le produit normal d’aspect et d’odeur. Une boîte gonflée, cabossée, rouillée ou un bocal qui ne fait pas « pop » se jette, quelle que soit la date.
- Une fois le paquet ouvert, la date ne vaut plus : on suit les conditions de conservation de l’étiquette, et les produits non secs ouverts vont au frais et se consomment vite.
- Pour la réserve d’urgence, cela règle la question : des produits à DDM, tournés avec les courses et vérifiés deux fois par an comme le demande le SGDSN. Rien à jeter le jour où la date passe.
La DLC : la date qui ne se discute pas
La date limite de consommation s’écrit « à consommer jusqu’au… ». Le ministère de l’Agriculture explique qu’elle s’applique « à des produits susceptibles, après une courte période, de présenter un danger pour la santé humaine », et que « cette limite est impérative ». Elle concerne les denrées périssables à conserver au frais : « les yaourts, la viande fraîche, le poisson, les plats cuisinés non stérilisés ». Passée la date, le produit ne peut plus être vendu, et il ne doit plus être consommé.
La DLC n’a de sens que si la chaîne du froid est respectée : « la température de conservation est indiquée clairement sur l’étiquetage ». Un produit laissé une nuit hors du frigo pendant une coupure de courant n’est plus couvert par sa DLC : notre guide aliments après une coupure de courant dit ce qui se garde et ce qui se jette dans ce cas.
La DDM : une promesse de qualité, pas une limite de sécurité
La date de durabilité minimale s’écrit « à consommer de préférence avant… ». Elle a remplacé l’ancienne DLUO le 13 décembre 2014, avec le règlement européen sur l’information des consommateurs. Le ministère de l’Agriculture la réserve aux produits stérilisés ou peu humides, « les gâteaux secs ou encore les conserves », et précise : « le dépassement de la DDM ne rend pas l’aliment dangereux ». Après la date, le produit « peut perdre en goût ou en texture, sans présenter de danger », et « il n’est pas nécessaire de jeter les produits concernés quand la DDM est dépassée, sauf en cas d’altération ».
Depuis le décret du 17 novembre 2022, les fabricants peuvent d’ailleurs ajouter à côté de la DDM une mention comme « ce produit peut être consommé après cette date », pour limiter le gaspillage. La DDM est fixée par le fabricant, sur la base de ses propres essais : c’est son engagement sur la qualité, pas une évaluation de l’État.
Aliment par aliment
Pour vous repérer dans le placard et le frigo :
- Yaourts, crème, viande et poisson frais, charcuterie, plats traiteur, jus frais : DLC. On respecte la date et la température.
- Conserves, bocaux stérilisés, briques UHT, biscuits, céréales, riz, pâtes, légumineuses sèches, café, chocolat : DDM. Après la date, on regarde l’emballage et le produit, pas le calendrier.
- Purées, jus, sauces, compotes en brique ou bocal : DDM fermés, mais « une fois ouverts, ils doivent être conservés au frais et consommés très rapidement ».
- Sel, sucre, vinaigre, boissons alcoolisées, fruits et légumes frais non découpés : pas de date obligatoire, selon la DGCCRF.
- Aliments de diététique infantile : une DDM, mais à respecter, car l’adaptation nutritionnelle « n’est plus garantie » après la date.
Les signes qui l’emportent sur toute date
Une DDM lointaine ne protège pas d’un emballage abîmé. Santé.fr, à propos des conserves, liste ce qui doit faire jeter : « si une boîte de conserve est gonflée, si les sertis sont cabossés ou rouillés, si un bocal ou une terrine n’émet pas de bruit à l’ouverture du couvercle, si l’odeur du produit est mauvaise, si sa couleur ou sa texture est anormale ». Le ministère de l’Agriculture ajoute, à propos de la toxine botulique, qu’elle « n’a ni goût ni odeur » et « n’engendre pas systématiquement de gonflement de l’emballage » : « au moindre doute », on jette.
À l’inverse, un yaourt dont la DLC est passée depuis la veille et qui a l’air parfait reste un produit dont la date est impérative : la règle officielle ne prévoit pas d’exception « à l’œil ». Les personnes fragiles, femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées ou immunodéprimées, ont d’autant plus de raisons de s’y tenir.
Ce que cela change pour la réserve d’urgence
Le guide « Tous responsables » du SGDSN demande de la « nourriture non périssable et ne nécessitant pas de cuisson (conserves, petits pots bébé, nourriture pour animaux…) », et de vérifier « deux fois par an » les dates de péremption des denrées et des médicaments. Tout ce qu’il cite porte une DDM : la vérification semestrielle sert à tourner le stock et à repérer une boîte abîmée, pas à jeter des conserves au lendemain de leur date.
La méthode qui marche : acheter ce que vous mangez déjà, mettre les produits les plus anciens devant, et ranger le tout « dans un endroit sec et frais », comme le recommande Santé.fr. Notre guide combien de nourriture stocker donne les quantités pour 72 heures, et aliments longue conservation « 25 ans » explique pourquoi les rations à très longue DDM ne sont pas nécessaires chez soi. Le kit 72 h et le comparatif des réchauds complètent le placard.
Et les mentions du commerce ?
« À vendre jusqu’au », « à exposer jusqu’au » ou une date de lot n’ont pas de valeur réglementaire pour vous : seules la DLC et la DDM comptent. Une DDM peut s’écrire en jour et mois, en mois et année, ou en année seule selon la durée de conservation du produit, d’après la DGCCRF : un « 2029 » seul sur une conserve est normal. Et une fois l’emballage ouvert, DLC comme DDM perdent leur sens : ce sont les consignes « après ouverture » de l’étiquette qui s’appliquent.
« Une DDM dépassée n’est pas dangereuse » suppose un emballage intact et un adulte en bonne santé. Si vous êtes enceinte, âgé, immunodéprimé ou si vous nourrissez un bébé, respectez les dates, surtout la DLC, et jetez au moindre doute. Et rien de tout cela n’autorise à dépasser une DLC : elle est impérative pour tout le monde.
Questions fréquentes
Peut-on manger un yaourt après sa DLC ?
La règle officielle dit non : la DLC est « impérative », et passée la date le produit ne doit plus être consommé. Un yaourt porte une DLC, pas une DDM.
Peut-on manger une conserve après sa date ?
Une conserve porte une DDM. Son dépassement « ne rend pas l’aliment dangereux » : le produit peut perdre en goût ou en texture. On vérifie la boîte : gonflée, cabossée, rouillée ou à l’odeur anormale, elle se jette.
Quelle est la différence entre DLC et DDM ?
La DLC (« à consommer jusqu’au ») est une limite de sécurité pour les produits périssables. La DDM (« à consommer de préférence avant ») est une date de qualité pour les produits secs ou stérilisés. Seule la première est impérative.
Que veut dire une date avec seulement l’année ?
Pour une DDM, le format dépend de la durée de conservation : jour et mois, mois et année, ou année seule pour les produits qui se gardent le plus longtemps, d’après la DGCCRF.
Faut-il jeter la réserve d’urgence quand la date passe ?
Non, si ce sont des produits à DDM à l’emballage intact. Tournez-les avec vos courses et vérifiez le stock deux fois par an, comme le demande le SGDSN, pour repérer une boîte abîmée et remplacer ce qui approche de sa date.
Sources (6)
- Ministère de l’Agriculture : comment conserver les aliments ? DLC, DDM, quelle différence ? (9 octobre 2024)
- Ministère de l’Agriculture : antigaspi, tout savoir sur les dates limites de consommation (13 octobre 2017)
- DGCCRF : date limite de consommation et date de durabilité minimale, ce que vous devez savoir
- Ministère de l’Agriculture : le botulisme
- Santé.fr : conserves maison, comment éviter le botulisme
- SGDSN : guide « Tous responsables », version complète (PDF)
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