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Cyberattaque : que faire si les services du quotidien tombent en panne

Cyberattaque : paiements et services en panne, faux messages, compte piraté, fuite de données. Les bons réflexes et les numéros officiels, sans rien acheter.

Par Tom Calder · Mis à jour le 30 octobre 2026 · D’après Cybermalveillance.gouv.fr, 17Cyber, Service-Public.fr, le ministère de l’Intérieur et le SGDSN

Un couple vérifie ses comptes à la table de la cuisine
L’essentiel
  • Une cyberattaque peut bloquer les paiements, internet ou un service public. Le guide « Tous responsables » du SGDSN prévoit pour ces cas de l’argent liquide, une radio à piles et des photocopies de vos papiers.
  • Quand une attaque expose des données personnelles, l’hameçonnage suit souvent : ne donnez jamais vos données bancaires ou vos mots de passe par message ou par téléphone, et contactez l’organisme par vous-même, à ses coordonnées officielles.
  • Victime ? Le 17Cyber (17cyber.gouv.fr) vous guide en ligne, 24 h sur 24. Pour une carte bancaire, faites opposition auprès de votre banque ou au 0 892 705 705 (numéro surtaxé). En cas d’urgence, le 17, le 112 ou le 114 par SMS.
  • Les SMS et appels suspects se signalent au 33 700. Les rumeurs ne se partagent pas : le SGDSN propose quatre questions pour vérifier une information.
  • La meilleure protection est gratuite : mots de passe différents, double authentification, mises à jour, et une sauvegarde sur un disque que l’on débranche.
Argent liquide, radio, batterie : le kit 72 h pour les jours où les écrans s’éteignentComposer mon kit →

Ce qu’une cyberattaque peut couper

Une cyberattaque ne vise pas toujours votre ordinateur. Elle peut toucher une banque, un hôpital, une collectivité, un opérateur ou un site marchand, et c’est alors le service lui-même qui ne répond plus. Service-Public.fr range d’ailleurs les cyberattaques, « cybercriminalité, espionnage, panne organisée », parmi les menaces auxquelles le guide « Tous responsables » prépare.

Ce guide du SGDSN, publié le 20 novembre 2025, liste les effets possibles d’une crise majeure, quelle qu’en soit l’origine : panne des réseaux téléphoniques et internet, difficultés à téléphoner et à joindre les secours, dysfonctionnements ou panne des moyens de paiement. Pour ces situations, il prévoit dans le kit de l’argent liquide, « les distributeurs pouvant ne pas fonctionner », une radio à piles pour suivre les consignes des autorités, une batterie externe et des photocopies des documents essentiels dans une pochette étanche.

Si vous ne parvenez plus à accéder à internet, le guide rappelle que vous pouvez vous rendre au commissariat, en gendarmerie ou en mairie. Et pour donner des nouvelles, il conseille de privilégier les messages plutôt que les appels, pour ne pas saturer les réseaux.

Quand un service que vous utilisez est touché

Si votre banque, votre fournisseur d’énergie ou une administration annonce un incident, mieux vaut ne rien faire dans la précipitation. Suivez les annonces publiées sur ses canaux officiels ; en cas de crise majeure, rappelez-vous la consigne du SGDSN : ne prenez en compte que les annonces des pouvoirs publics via les canaux officiels.

Si l’attaque a exposé des données personnelles, Cybermalveillance.gouv.fr explique que les principaux risques qui suivent sont l’hameçonnage et les tentatives d’escroquerie. Ses conseils :

  • se méfier de tout appel ou message de quelqu’un qui prétend vous connaître à partir des informations dérobées ;
  • authentifier son interlocuteur en contactant soi-même l’organisme à ses coordonnées officielles, par exemple celles de son site internet ;
  • changer au plus vite le mot de passe concerné, et partout où l’on utilisait le même, puis activer la double authentification si elle existe ;
  • en cas de fuite de son IBAN, prévenir sa banque pour qu’elle place le compte sous vigilance renforcée, et surveiller ses relevés.

Les faux messages : l’hameçonnage

L’hameçonnage consiste à se faire passer pour un tiers de confiance (banque, opérateur, fournisseur d’énergie, site marchand ou administration) pour obtenir vos identifiants ou vos coordonnées bancaires. Service-Public.fr cite les prétextes les plus courants : fausse annonce de remboursement, demande urgente de régler un impayé ou une contravention, renforcement de la sécurité d’un compte, problème de livraison d’un colis, tirage au sort.

La règle tient en une phrase, que Cybermalveillance.gouv.fr formule ainsi : « aucune administration ou société commerciale sérieuse ne vous demandera vos données bancaires ou vos mots de passe par message électronique ou par téléphone. » En cas de doute, ne cliquez pas : allez sur le site de l’organisme par vos propres favoris, ou appelez-le au numéro que vous connaissez déjà. Méfiez-vous d’autant plus que le message vous presse d’agir.

Les SMS et appels suspects se signalent au 33 700, la plateforme officielle de lutte contre les spams vocaux et par SMS, par simple SMS ou sur son site. Pour un courriel, Service-Public.fr indique la plateforme Signal Spam, et pour un faux site, Phishing Initiative.

Vous êtes victime : qui appeler

Le 17Cyber est le guichet public d’assistance en ligne, gratuit, proposé par la police nationale, la gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr. Sur 17cyber.gouv.fr, un parcours disponible 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 établit un diagnostic, donne des recommandations adaptées et, si la menace le nécessite, ouvre un tchat avec un policier ou un gendarme. En cas d’urgence, le site rappelle d’appeler le 17 ou le 112, ou d’envoyer un SMS au 114 si vous avez du mal à parler ou à entendre.

Si vous avez communiqué vos coordonnées bancaires ou constaté des débits frauduleux, faites opposition immédiatement auprès de votre banque. Le serveur interbancaire d’opposition répond aussi 24 h sur 24 au 0 892 705 705 (numéro surtaxé) ; il vous remet un numéro d’enregistrement qui date votre demande. Si votre carte a servi en ligne alors qu’elle est toujours en votre possession, vous pouvez ensuite le signaler sur Perceval, le service gratuit du ministère de l’Intérieur ; ce signalement ne remplace ni la plainte ni la demande de remboursement à votre banque.

Conservez les preuves : le message reçu, des captures d’écran, le numéro qui vous a appelé. Changez le mot de passe compromis partout où vous l’utilisiez. Pour être accompagné, une association France Victimes répond au 116 006, le numéro d’aide aux victimes du ministère de la Justice, appel gratuit, 7 jours sur 7 de 9 h à 19 h, et Info Escroqueries au 0 805 805 817, gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.

Compte piraté ou rançongiciel à la maison

Si l’un de vos comptes est piraté, Cybermalveillance.gouv.fr conseille de contacter le service concerné si vous ne pouvez plus vous connecter, de changer le mot de passe et d’activer la double authentification, puis de déconnecter les appareils et sessions inconnus, sans quoi le pirate pourrait rester connecté. Prévenez vos contacts, qui pourraient recevoir des messages en votre nom, et votre banque si des coordonnées bancaires étaient enregistrées sur le compte.

Si un écran vous annonce que vos fichiers sont chiffrés et réclame une rançon, la plateforme recommande de couper la connexion à internet, en éteignant la box si c’est elle qui vous relie au réseau, et de ne pas payer, car rien ne garantit de récupérer ses données. Le site No More Ransom d’Europol propose des outils de déchiffrement qui fonctionnent dans certains cas. Si vous portez plainte, faites-le avant de réinstaller les appareils touchés.

Se préparer sans rien acheter

Les dix mesures essentielles de Cybermalveillance.gouv.fr ne coûtent rien. Les trois premières se résument en quatre gestes :

  • des mots de passe longs, complexes et différents pour chaque service, gardés dans un gestionnaire de mots de passe ;
  • la double authentification, chaque fois que c’est possible ;
  • les mises à jour de sécurité, dès qu’elles sont proposées, sur l’ordinateur, la tablette et le téléphone ;
  • une sauvegarde régulière, photos et documents compris, sur une clé ou un disque USB que l’on débranche une fois la copie faite.

Le jour où les écrans ne suffisent plus

Une sauvegarde débranchée protège vos fichiers ; le kit d’urgence protège votre quotidien. Gardez un peu d’argent liquide à la maison, une radio à piles pour les consignes, une batterie externe chargée et la photocopie de vos papiers essentiels, comme le prévoit le SGDSN. Nous conseillons aussi de noter sur papier les quelques numéros dont vous auriez besoin : votre banque, vos proches, votre médecin. Un téléphone déchargé ou un service en ligne bloqué ne vous les rendra pas.

Inutile d’acheter un équipement spécial. Une vieille radio et quelques piles neuves font l’affaire ; si vous n’en avez pas, notre comparatif des radios d’urgence indique celles qui fonctionnent avec des piles courantes, et celui des batteries externes aide à garder le téléphone allumé. L’outil Composer mon kit 72 h reprend toute la liste officielle.

Rumeurs et fausses informations

Une panne inexpliquée fait vite circuler des rumeurs. Le guide du SGDSN demande de vérifier la source d’une information avant de la rediffuser, en regardant son auteur et sa date, et de se poser quatre questions : qui a envoyé cette information, la source est-elle officielle, est-elle publiée dans un grand média national, et quel est son but ? Sa consigne : « NE PROPAGEZ PAS DE FAUSSE RUMEUR ! »

Un contenu illicite visible publiquement sur internet peut être signalé sur Pharos (internet-signalement.gouv.fr). Pharos ne traite pas les urgences : si une infraction est en cours ou si une vie est menacée, appelez le 17, le 15 ou le 18.

Qui fait quoi : ANSSI, Cybermalveillance.gouv.fr, 17Cyber

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) relève des services du Premier ministre. Elle intervient auprès des opérateurs les plus sensibles pour le pays, dits d’importance vitale ou de services essentiels. Pour les particuliers, les entreprises et les collectivités, c’est Cybermalveillance.gouv.fr, ouvert en octobre 2017 par un groupement d’intérêt public dont l’ANSSI fait partie avec plusieurs ministères, qui informe et assiste les victimes.

C’est aussi à cette plateforme que l’État a confié le 17Cyber, lancé en 2024. Retenez donc deux adresses : cybermalveillance.gouv.fr pour apprendre les bons réflexes, et 17cyber.gouv.fr si vous êtes victime.

Le réflexe à garder

Aucune banque ni administration ne vous demande vos mots de passe ou vos données bancaires par message ou par téléphone. En cas de doute, raccrochez et rappelez l’organisme au numéro que vous connaissez. Victime : 17cyber.gouv.fr ; urgence : 17, 112 ou 114 par SMS.

Questions fréquentes

Que faire si ma banque est victime d’une cyberattaque ?

Suivez ses annonces sur ses canaux officiels et méfiez-vous des messages qui s’en servent comme prétexte. Ne donnez jamais vos codes par téléphone ou par message. Si vous constatez un débit frauduleux, faites opposition immédiatement auprès de votre banque ou au 0 892 705 705.

Qu’est-ce que le 17Cyber ?

Le service public gratuit d’assistance en ligne aux victimes de cybermalveillance, proposé par la police, la gendarmerie et Cybermalveillance.gouv.fr, sur 17cyber.gouv.fr. Il est disponible 24 h sur 24 et peut vous mettre en relation par tchat avec un policier ou un gendarme.

Où signaler un SMS frauduleux ?

Au 33 700, la plateforme officielle contre les spams vocaux et par SMS : par SMS ou sur son site. Ne cliquez pas sur le lien et ne répondez pas à l’expéditeur.

Faut-il payer une rançon ?

Non. Cybermalveillance.gouv.fr déconseille de payer, car rien ne garantit de récupérer ses données. Coupez la connexion à internet, conservez les preuves et portez plainte avant de réinstaller l’appareil.

Faut-il garder de l’argent liquide chez soi ?

Le guide du SGDSN inscrit de l’argent liquide dans le kit d’urgence, « les distributeurs pouvant ne pas fonctionner ». Il ne donne pas de montant.

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