Registre communal : s’inscrire en mairie pour être appelé en cas de canicule ou de grand froid
Gratuit et confidentiel, le registre communal permet à la mairie d’appeler les personnes âgées ou handicapées isolées quand un plan d’alerte est déclenché. Qui, comment.
Par Tom Calder · Mis à jour le 2 novembre 2026 · D’après Service-Public, Légifrance (décret du 3 juillet 2026), les agences régionales de santé Hauts-de-France, Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes, et Santé.fr

- Chaque maire doit tenir un registre nominatif des personnes âgées et handicapées vivant à domicile qui le demandent. « C’est un service gratuit et confidentiel », rappelle Service-Public : quand un plan d’alerte est déclenché, la mairie les appelle et, au besoin, envoie quelqu’un.
- Peuvent s’inscrire les personnes de 65 ans et plus, celles de plus de 60 ans reconnues inaptes au travail, et les adultes handicapés, à condition de vivre chez eux. L’inscription est volontaire : par la personne elle-même, son représentant légal, ou un tiers (proche, voisin, médecin, aide à domicile).
- Depuis le décret du 3 juillet 2026, le registre sert aussi hors crise : contact périodique, information sur les droits, repérage de l’isolement. Toute réutilisation « à des fins électorales et commerciales est interdite ».
- Le registre ne protège pas contre une coupure de courant. Pour un appareil médical vital à domicile, c’est un autre dispositif, celui des patients à haut risque vital (PHRV), via l’ARS, à renouveler chaque année.
- Une seule démarche : appeler ou passer à la mairie ou au CCAS. Les modalités exactes varient d’une commune à l’autre.
Ce qu’est le registre communal
Le registre existe depuis la canicule de 2003. Service-Public le décrit ainsi : il « permet de recenser sur un fichier communal les personnes qui souhaitent se faire aider » en cas d’épisode caniculaire, « c’est un service gratuit et confidentiel », et « le maire est tenu d’instituer et de tenir à jour ce registre nominatif communal ». L’ARS Hauts-de-France rappelle sa base légale, l’article L. 121-6-1 du code de l’action sociale et des familles, et son usage : permettre « un suivi des personnes fragilisées par l’âge ou le handicap en les contactant régulièrement », et une intervention ciblée des services sanitaires et sociaux quand un plan d’alerte et d’urgence est déclenché. Le maire doit « le communiquer au préfet à sa demande, en cas de déclenchement du plan d’alerte et d’urgence ».
Concrètement, quand le plan est activé, les agents municipaux appellent les personnes inscrites, rappellent les conseils de base, et si quelqu’un ne répond pas et que son silence inquiète, le CCAS peut faire intervenir la police municipale ou les pompiers. Pensé pour la canicule, le registre sert aussi en période de grand froid : l’ARS Grand Est conseille « fortement » aux personnes vulnérables « de se faire connaître au niveau de leur mairie afin d’être identifiées sur les registres des personnes vulnérables de la commune ».
Un décret du 3 juillet 2026, en vigueur depuis le 5 juillet, a élargi ses finalités : le registre permet désormais « d’organiser un contact périodique » avec les personnes inscrites, de les informer sur leurs droits aux prestations et aux services d’aide, et de proposer des actions contre l’isolement et de repérer les pertes d’autonomie. Le même décret interdit « toute réutilisation des données contenues dans le registre nominatif à des fins électorales et commerciales ».
Qui peut s’inscrire
Service-Public liste les personnes concernées, « à la condition qu’elles résident à leur domicile » :
- les personnes âgées de 65 ans et plus ;
- les personnes âgées de plus de 60 ans reconnues inaptes au travail ;
- les adultes handicapés (le décret de 2026 précise : bénéficiaires de certaines allocations ou d’une pension d’invalidité).
Ce que le registre ne fait pas : l’électricité
Être inscrit en mairie ne protège pas d’une coupure de courant et ne donne aucune priorité de rétablissement. Pour les personnes dont un appareil médical à domicile dépend de l’électricité, il existe un dispositif séparé, celui des patients à haut risque vital. L’ARS Occitanie le réserve « exclusivement » aux patients sous respirateur ayant une autonomie inférieure ou égale à quatre heures par jour et aux enfants sous nutrition parentérale à domicile ; l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle qu’« il est indispensable de signaler votre situation chaque année afin d’être informé en priorité en cas de coupure d’électricité ».
Même là, l’ARS Occitanie est claire : ces patients « ne sont pas exclus des délestages électriques ». Le dispositif donne une information prioritaire et un numéro dédié, pas du courant. Notre guide coupure d’électricité et appareils médicaux détaille les formulaires et ce qu’il faut préparer avec le médecin et le prestataire.
Les autres gestes qui comptent pour un proche isolé
Le registre est un filet, pas un plan. Le guide « Tous responsables » du SGDSN demande à chacun d’anticiper : « si certains de vos proches ont besoin d’aide spécifique, anticipez les moyens de vous porter à leur chevet ou identifiez quelqu’un qui pourrait le faire pour vous ». En pratique : un voisin qui a les clés, un numéro affiché près du téléphone, et un kit 72 h chez la personne, pas seulement chez vous.
Pendant une canicule, Santé.fr rappelle que « la perception de la chaleur et la sensation de soif s’atténuent avec l’âge », d’où l’intérêt des appels réguliers ; la mairie « peut vous indiquer les lieux publics climatisés accessibles dans votre commune ». Nos pages canicule et grand froid listent les gestes, et la vigilance grand froid montre la carte du jour. Le kit 72 h se compose aussi pour une personne seule : radio à piles, lampe, eau, et le comparatif des radios d’urgence aide à en choisir une simple à utiliser.
Pour les élus et les aidants professionnels
Les ARS publient des pages à destination des maires sur la tenue du registre et son articulation avec le plan canicule ; le décret du 3 juillet 2026 fixe les nouvelles règles de collecte, de transmission et d’utilisation des données. Si vous intervenez à domicile, proposer l’inscription fait partie des gestes utiles : la demande d’un service « intervenant auprès » de la personne est explicitement prévue.
Pas d’abonnement à une « téléassistance d’urgence » vendue au porte-à-porte comme obligatoire, ni de service payant pour « inscrire » un parent : le registre communal est gratuit, se demande à la mairie, et un proche peut faire la démarche. Les offres payantes de téléassistance existent, mais elles sont un choix, pas une condition.
Questions fréquentes
Qui peut s’inscrire sur le registre communal ?
Les personnes de 65 ans et plus, celles de plus de 60 ans reconnues inaptes au travail, et les adultes handicapés, à condition de vivre à domicile. L’inscription est volontaire et gratuite.
Puis-je inscrire un parent ou un voisin sans lui ?
Oui : la demande peut être faite par un tiers (entourage ou service intervenant auprès de la personne), par écrit depuis le décret du 3 juillet 2026. La personne reçoit un accusé de réception qui vaut accord, et peut refuser.
À quoi sert concrètement l’inscription ?
Quand un plan d’alerte est déclenché (canicule, grand froid, autre crise), la mairie appelle les personnes inscrites, rappelle les conseils et peut envoyer quelqu’un si l’une d’elles ne répond pas. Depuis 2026, le registre sert aussi à un contact périodique et à l’information sur les droits.
Le registre donne-t-il une priorité en cas de coupure d’électricité ?
Non. Pour un appareil médical vital à domicile, c’est le dispositif des patients à haut risque vital, via l’ARS et à renouveler chaque année. Il donne une information prioritaire, mais ces patients « ne sont pas exclus des délestages ».
Mes données peuvent-elles être réutilisées ?
Le décret du 3 juillet 2026 interdit toute réutilisation du registre à des fins électorales et commerciales. Le maire le communique au préfet à sa demande en cas de plan d’alerte et d’urgence. Les données sont conservées jusqu’à la radiation ou au décès.
Sources (9)
- Service-Public : canicule, se protéger et protéger ses proches (26 mai 2026)
- ARS Hauts-de-France : élus, le rôle du maire dans le recensement des personnes vulnérables en cas de vagues de chaleur (9 janvier 2026)
- Légifrance : décret n° 2026-590 du 3 juillet 2026 relatif aux données du registre nominatif dit « registre communal »
- Légifrance : décret n° 2004-926 du 1er septembre 2004 pris en application de l’article L. 121-6-1 du code de l’action sociale et des familles
- ARS Grand Est : patient à haut risque vital, soyez informé en cas de coupure électrique
- ARS Occitanie : patient à haut risque vital, démarches à suivre pour être informé en cas de coupure sur le réseau
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes : patient à haut risque vital, démarches à suivre
- Santé.fr : fortes chaleurs et canicule, se protéger et protéger ses proches
- SGDSN : guide « Tous responsables », version complète (PDF)
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« L’inscription est volontaire », écrit l’ARS Hauts-de-France, et « la demande d’inscription doit être réalisée soit par la personne concernée (ou son représentant légal) soit par un tiers (entourage de la personne ou service intervenant auprès d’elle) », précise Service-Public : un enfant, un voisin, le médecin traitant ou le service d’aide à domicile peuvent donc inscrire une personne isolée. Depuis le décret de 2026, la demande faite par un tiers « est faite par écrit », et l’accusé de réception adressé à la personne vaut confirmation de son accord : elle peut refuser.
Pour la démarche elle-même, Service-Public renvoie à la mairie : « pour connaître les modalités exactes, renseignez-vous auprès de votre mairie ». Selon la commune, c’est un formulaire en ligne, un papier au CCAS ou un simple appel. Les données sont conservées jusqu’à la demande de radiation ou au décès. Un conseil pratique : inscrivez le numéro d’un proche à prévenir, et signalez tout changement de téléphone.