Chauffage d’appoint sans risque : monoxyde de carbone, les règles officielles
Chauffage d’appoint et monoxyde de carbone : les consignes officielles mot pour mot, aérer, entretenir, reconnaître une intoxication et réagir, le détecteur.
Par Tom Calder · Mis à jour le 2 novembre 2026 · D’après le ministère de la Transition écologique, Santé publique France, Météo-France, Santé.fr et les agences régionales de santé

- Le monoxyde de carbone ne se voit pas et ne se sent pas. Tout appareil qui brûle un combustible, bois, gaz, fioul, pétrole ou charbon, peut en produire s’il fonctionne mal, et c’est l’une des principales causes d’intoxication accidentelle à domicile.
- La règle officielle tient en une ligne : un chauffage d’appoint ne doit pas fonctionner en continu, et le ministère de la Transition écologique recommande de ne pas l’utiliser plus de 2 h.
- Un four, une cuisinière, un réchaud, un brasero ou un barbecue ne servent jamais à se chauffer, et un groupe électrogène ne fonctionne jamais à l’intérieur.
- Aérez 10 minutes par jour, même en hiver, ne bouchez jamais les grilles de ventilation et faites vérifier chaque année chaudière, poêle et chauffe-eau.
- Maux de tête, nausées ou fatigue chez plusieurs personnes de la maison : aérez, arrêtez les appareils, sortez et appelez le 15, le 18 ou le 112.
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Le monoxyde de carbone, un gaz qu’on ne perçoit pas
Le ministère de la Transition écologique le définit ainsi : « Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore, toxique et potentiellement mortel qui résulte d’une combustion incomplète, et ce quel que soit le combustible utilisé : bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane. »
L’hiver est la saison à risque. Santé publique France rappelle que ce gaz « est à l’origine de nombreuses intoxications en période hivernale », et le ministère que l’usage accru du chauffage augmente ce risque. Quelques règles simples suffisent à l’écarter.
Les règles officielles, mot pour mot
Nous reprenons ici les consignes telles que les autorités les écrivent, sans les reformuler.
Le ministère de la Transition écologique : « Il est notamment recommandé de ne pas : se chauffer à l’intérieur avec un four, une cuisinière, un réchaud ou un brasero ; utiliser un chauffage d’appoint plus de 2h ; faire fonctionner un groupe électrogène à l’intérieur. »
Météo-France, dans ses conseils de vigilance grand froid : « les chauffages d’appoint ne doivent pas fonctionner en continu ; ne jamais utiliser des cuisinières, braséros, etc. pour se chauffer. Ne bouchez pas les entrées d’air de votre logement. »
Santé publique France et la Direction générale de la santé, en novembre 2025 : « Les appareils de cuisson (plaques, fours, réchauds à gaz) ne doivent jamais servir à se chauffer. »
Santé.fr, pour les périodes de grand froid : « Les chauffages d’appoint fonctionnant avec des combustibles (ex : kérosène, butane…) ou de camping sont à proscrire pour les mêmes raisons. » Ces raisons, ce sont les risques d’incendie et d’intoxication au monoxyde de carbone.
L’ARS Pays de la Loire explique pourquoi : les chauffages d’appoint « sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement ». Et Santé publique France demande de n’employer que le combustible préconisé par le fabricant de l’appareil.
Le radiateur électrique d’appoint : pas de monoxyde, mais un risque d’incendie
Un radiateur électrique ne brûle rien et ne produit donc pas de monoxyde de carbone. Il demande d’autres précautions. Le ministère de la Transition écologique conseille de ne pas surcharger les prises, de choisir des multiprises aux normes NF en respectant la puissance maximale indiquée, de surveiller les appareils en marche et de ne jamais poser de textiles sur un radiateur en marche. En cas d’incendie, appelez le 18.
Santé.fr demande aussi de ne pas surchauffer les poêles à bois ni les chauffages d’appoint, à cause des risques d’incendie et d’intoxication.
Aérer, et ne jamais rien boucher
Le ministère de la Transition écologique recommande d’aérer chaque pièce 10 minutes par jour et de veiller à ce que les conduits d’aération ou de VMC ne soient pas obstrués. L’ARS Occitanie insiste : « Ne jamais obstruer les grilles de ventilation, même par grand froid. »
Météo-France met en garde contre trois gestes qui « peuvent entrainer un risque mortel d’intoxication au monoxyde de carbone » : l’usage en continu des chauffages d’appoint, l’usage d’une cuisinière ou d’un braséro pour se chauffer, et le fait de boucher les entrées d’air du logement.
Entretenir avant l’hiver
Chaque année, faites vérifier chaudière, chauffage, poêle ou insert et chauffe-eau par un professionnel, et faites ramoner les conduits et cheminées au moins une fois par an, comme le recommande le ministère de la Transition écologique. Un nouvel appareil à combustion se fait vérifier par un professionnel qualifié.
Santé.fr demande de vous assurer du bon fonctionnement des appareils de chauffage, et de leur entretien par un professionnel, avant de les utiliser. Respectez le mode d’emploi du fabricant, rappelle l’ARS Hauts-de-France, en particulier les usages interdits en lieu fermé.
Reconnaître une intoxication et réagir
Les signes, selon le ministère de la Transition écologique : maux de tête, fatigue inhabituelle, nausées, vertiges ou troubles du comportement. Ils peuvent faire penser à la grippe, mais deux indices doivent alerter : plusieurs personnes du même logement ont les mêmes symptômes, et ils s’atténuent quand elles sortent.
La conduite à tenir, dans les mots de l’ARS Grand Est : « Aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres. Arrêter si possible les appareils à combustion. Faire évacuer les locaux et vider les lieux de leurs occupants. Appeler les secours : le numéro unique d’urgence européen (112 et le 114 pour les personnes malentendantes) ou les pompiers (18) ou le SAMU (15). Ne pas réintégrer les lieux avant d’avoir reçu l’avis d’un professionnel du chauffage ou des sapeurs pompiers. »
Le détecteur : utile, jamais suffisant
Un détecteur de monoxyde de carbone peut donner l’alerte. L’ARS Pays de la Loire précise qu’il doit être déclaré conforme à la norme européenne NF EN 50291, et prévient : ces détecteurs « ne suffisent pas à éviter les intoxications », et leur pose « ne doit en aucun cas se substituer au respect des consignes de sécurité ».
Notre comparatif des détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone explique les normes et compare les modèles. Si votre logement n’a aucun appareil à combustion (ni poêle, ni chaudière, ni chauffe-eau au gaz), un détecteur de monoxyde vous apporte peu : ce gaz naît d’une combustion. Et pas besoin d’acheter un chauffage d’appoint au pétrole ou au gaz : Santé.fr écrit que ces appareils sont à proscrire par grand froid. Pour passer une panne ou un coup de froid, des vêtements chauds et le matériel de notre comparatif Rester au chaud sans chauffage ne rejettent rien.
Un chauffage d’appoint ne fonctionne jamais en continu. On ne se chauffe jamais avec un four, une cuisinière, un réchaud ou un brasero, et on ne bouche jamais les entrées d’air. Au moindre doute : aérez, arrêtez les appareils, sortez et appelez le 15, le 18 ou le 112 (114 par SMS).
Questions fréquentes
Combien de temps peut-on laisser un chauffage d’appoint allumé ?
Pas en continu. Le ministère de la Transition écologique recommande de ne pas l’utiliser plus de 2 h, et l’ARS Pays de la Loire rappelle que ces appareils sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement.
Un poêle à pétrole est-il interdit ?
Santé.fr écrit que les chauffages d’appoint à combustible, comme le kérosène ou le butane, sont à proscrire en période de grand froid, à cause des risques d’incendie et d’intoxication. Si vous en utilisez un malgré tout, jamais en continu, avec le seul combustible préconisé et une pièce aérée.
Un radiateur électrique dégage-t-il du monoxyde de carbone ?
Non, il ne brûle rien. Le risque est l’incendie : ne surchargez pas les prises, utilisez des multiprises aux normes NF et ne posez rien dessus.
Un détecteur de monoxyde suffit-il ?
Non. L’ARS Pays de la Loire rappelle qu’un détecteur conforme à la norme NF EN 50291 ne suffit pas à éviter les intoxications et ne remplace jamais le respect des consignes.
Que faire si plusieurs personnes ont mal à la tête près d’un appareil ?
Aérez immédiatement, arrêtez si possible les appareils à combustion, sortez et appelez le 15, le 18 ou le 112 (114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Ne rentrez pas avant l’avis d’un professionnel ou des pompiers.
Sources (11)
- Ministère de la Transition écologique : intoxication au monoxyde de carbone, 5 bons gestes
- Santé publique France : grand froid
- Météo-France : vigilance grand froid, conséquences possibles et conseils
- Santé publique France et DGS : monoxyde de carbone, communiqué du 26 novembre 2025 (PDF)
- Santé.fr : grand froid, information du public
- ARS Pays de la Loire : attention au monoxyde de carbone
- Santé publique France : les intoxications au monoxyde de carbone peuvent concerner chacun de nous
- Ministère de la Transition écologique : incendies domestiques, les bons réflexes
- ARS Occitanie : monoxyde de carbone, communiqué (février 2026, PDF)
- ARS Hauts-de-France : monoxyde de carbone, les bons gestes
- ARS Grand Est : comment éviter les intoxications au monoxyde de carbone
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