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Combien de nourriture stocker chez soi : de quoi tenir 72 heures, sans excès

Le SGDSN ne fixe aucune quantité de nourriture : son kit vise les 72 premières heures. Comment compter les repas de votre foyer, quoi choisir et comment renouveler la réserve.

Par Tom Calder · Mis à jour le 30 octobre 2026 · D’après le SGDSN, Géorisques, le ministère de l’Agriculture, l’Anses et les agences régionales de santé

Un couple range quelques conserves de plus dans son placard
L’essentiel
  • Le guide « Tous responsables » du SGDSN ne donne pas de quantité de nourriture : son kit vise les 72 premières heures d’une crise, passées chez soi, avec une nourriture non périssable qui se mange sans cuisson.
  • Aucun texte officiel que nous avons lu ne fixe un nombre de jours au-delà de ces 72 heures, ni un nombre de calories. Notre repère, et c’est le nôtre : trois jours de trois repas, soit neuf repas par personne.
  • Choisissez ce que votre foyer mange déjà : conserves, compotes, biscuits secs. Inutile d’acheter des rations de survie.
  • Les conserves portent une date « à consommer de préférence avant » : selon le ministère de l’Agriculture, la dépasser ne rend pas l’aliment dangereux. Une boîte gonflée, ou dont les sertis sont cabossés ou rouillés, se jette.
  • Vérifiez la réserve deux fois par an, comme le demande la version complète du guide, et mangez les produits les plus anciens au fil des mois.

Ce que dit le SGDSN, et ce qu’il ne dit pas

Le guide « Tous responsables », publié par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) en novembre 2025, part d’une idée simple : lors d’une crise, les 72 premières heures sont souvent les plus éprouvantes, et en étant autonome chez soi pendant ce temps, on permet aux secours de se concentrer sur les personnes en grande difficulté. Sa version en « facile à lire et à comprendre » le dit autrement : grâce au kit d’urgence, « vous pouvez rester chez vous 3 jours sans sortir ».

Pour la nourriture, la liste est brève : une nourriture non périssable et qui ne nécessite pas de cuisson, par exemple des conserves, des petits pots pour bébé et de la nourriture pour animaux. Le guide ne donne ni nombre de repas, ni poids, ni calories. Géorisques, le site public sur les risques, reprend la même liste et parle d’un sac contenant de quoi vivre pendant 3 jours en autonomie.

Vous lirez ailleurs qu’il faudrait deux semaines ou un mois de réserves. Aucun texte officiel français que nous avons lu ne le demande. Ce guide s’en tient donc aux 72 heures du SGDSN. Rien ne vous empêche d’avoir un placard mieux garni, mais ce n’est pas une consigne officielle.

Compter les repas de votre foyer

Puisque le guide ne chiffre rien, voici notre façon de compter, à adapter : trois jours, trois repas par jour, soit neuf repas par personne. Pour une famille de quatre, comptez donc environ 36 repas, plus quelques en-cas. Un repas, ici, c’est ce que vous mangeriez vraiment sans cuisiner : une boîte de légumes et une boîte de poisson, une salade de lentilles en conserve et une compote.

Comptez plus large pour les adolescents et les grands mangeurs, moins pour les jeunes enfants, et pensez aux régimes particuliers (allergie, diabète, sans gluten, textures adaptées pour une personne âgée). Le livret « Je me protège en famille » de la Sécurité civile, en 2010, citait déjà les « aliments pour bébé ou régime particulier ».

Le plus simple est de partir de ce que vous avez déjà : vous avez peut-être de quoi tenir trois jours sans le savoir. Notre outil Composer mon kit 72 h reprend la liste du SGDSN et calcule l’eau pour votre foyer.

Quoi mettre dans la réserve

Le critère du SGDSN est double : se conserver sans réfrigérateur, et se manger sans cuisson. La version simplifiée du guide le rappelle : le réfrigérateur ne fonctionne pas sans électricité, et il peut être difficile de conserver la nourriture. Les illustrations du guide montrent des conserves de légumes, de la salade de fruits, de la confiture et de la sauce tomate. Pensez à l’ouvre-boîte, qui figure dans la liste, et à quelques couverts.

Voici des idées dans cet esprit. Les quatre premières lignes reprennent la liste du SGDSN (le détail des conserves est le nôtre), la cinquième vient du livret de 2010, la dernière est notre suggestion :

  • Conserves : légumes, poisson, plats cuisinés, fruits
  • Petits pots et lait infantile 1er âge liquide, prêt à l’emploi, si vous avez un bébé
  • Café, thé
  • Nourriture pour vos animaux
  • Fruits secs
  • Biscuits secs, compotes en gourde, céréales, chocolat : des produits qui se gardent et se mangent tels quels

Les dates : DLC, DDM, et ce qui se jette

Deux dates figurent sur les emballages. La date limite de consommation (DLC), écrite « à consommer jusqu’au », est impérative selon le ministère de l’Agriculture : elle concerne des produits fragiles comme les yaourts, la viande fraîche ou le poisson, qui n’ont de toute façon pas leur place dans une réserve. La date de durabilité minimale (DDM), écrite « à consommer de préférence avant », figure par exemple sur les gâteaux secs et les boîtes de conserve.

Le ministère est clair : le dépassement de la DDM ne rend pas l’aliment dangereux : il peut seulement avoir perdu tout ou partie de ses qualités, comme le goût ou la texture, et il n’est pas nécessaire de jeter les produits concernés, sauf s’ils sont altérés. En revanche, une fois ouverts, purées, sauces ou compotes doivent être gardées au frais et consommées très rapidement. Sans réfrigérateur, préférez donc de petits formats que l’on finit en un repas.

Certaines conserves se jettent sans hésiter. Santé.fr cite une boîte gonflée, des sertis cabossés ou rouillés, un bocal qui ne fait pas de bruit à l’ouverture, une mauvaise odeur, une couleur ou une texture anormale. Le ministère de l’Agriculture ajoute que la toxine botulique n’a ni goût ni odeur et ne fait pas toujours gonfler l’emballage : au moindre doute sur un produit, ne le consommez pas.

Faire tourner la réserve sans gaspiller

Une réserve qui dort au fond d’une cave finit à la poubelle. La version complète du guide du SGDSN demande de vérifier le kit deux fois par an, en regardant notamment la date de péremption des denrées et des médicaments ; sa version simplifiée et Géorisques parlent d’une vérification chaque année. Profitez-en pour manger les produits les plus proches de leur date et les remplacer.

Une méthode simple, la nôtre : rangez les produits neufs derrière, les plus anciens devant, et piochez dans la réserve pour les repas de la semaine. Santé.fr donne ce même conseil pour les conserves faites maison, avec un rangement dans un endroit sec et frais. Géorisques rappelle enfin qu’après avoir utilisé le kit, il faut penser à le réapprovisionner.

Pendant une coupure : le réfrigérateur d’abord

Pendant une coupure de courant, commencez par ce qui est au réfrigérateur, en ouvrant la porte le moins possible, avant d’entamer la réserve. Notre guide coupure de courant donne les repères de la préfecture de la Manche : les aliments restent froids 4 à 6 heures dans un réfrigérateur fermé, et congelés 48 heures dans un congélateur plein et fermé, environ 24 heures s’il est à moitié rempli.

Après une inondation, l’agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes demande de jeter tous les aliments restés dans l’eau, ou dans un réfrigérateur ou un congélateur mis hors service pendant l’inondation.

Réchauffer un plat sans risque

Le kit du SGDSN mise sur des aliments qui se mangent froids, mais sa liste comprend aussi un réchaud. Il sert à réchauffer un plat ou à faire bouillir de l’eau. L’ARS Hauts-de-France demande de respecter scrupuleusement les consignes d’utilisation des appareils à combustion, en se référant au mode d’emploi du fabricant, en particulier les utilisations proscrites en lieux fermés. Si vous en cherchez un, notre comparatif des réchauds de camping les passe en revue.

Ne vous chauffez jamais à l’intérieur avec un réchaud, une cuisinière, un four, un brasero ou un barbecue : c’est une cause d’intoxication au monoxyde de carbone, un gaz invisible et inodore. Maux de tête, fatigue, nausées, parfois chez plusieurs personnes du foyer : aérez immédiatement, arrêtez si possible les appareils à combustion, sortez et appelez le 15, le 18 ou le 112 (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Ne rentrez qu’après l’avis d’un professionnel qualifié.

Bébés, animaux, proches fragiles

Pour un nourrisson, le SGDSN cite le lait infantile 1er âge, liquide et prêt à l’emploi : il n’y a pas d’eau à ajouter. Ajoutez les petits pots que votre enfant mange déjà, et adaptez-les à mesure qu’il grandit. La nourriture des animaux figure aussi dans la liste.

Le guide invite enfin à identifier les proches qui pourraient avoir besoin d’aide en cas de crise, et à prévoir comment vous rendre auprès d’eux, ou qui pourrait le faire pour vous. Une personne âgée qui vit seule a besoin de sa propre petite réserve, adaptée à ce qu’elle mange.

Inutile d’acheter des rations de survie

Le SGDSN demande une nourriture qui se conserve et se mange sans cuisson, pas un produit spécial. Les conserves, compotes et biscuits du supermarché suffisent, à condition que votre foyer les mange : vous les renouvellerez sans rien jeter.

Questions fréquentes

Combien de jours de nourriture faut-il stocker ?

Le kit du SGDSN vise les 72 premières heures d’une crise, soit 3 jours. Aucun texte officiel que nous avons lu ne fixe une durée plus longue ni une quantité précise.

Combien de repas prévoir pour 72 heures ?

Le guide officiel ne chiffre pas les repas. Notre repère : trois repas par jour pendant trois jours, soit neuf repas par personne, un peu plus pour les grands mangeurs.

Peut-on manger une conserve après la date ?

Les conserves portent une DDM, « à consommer de préférence avant ». Selon le ministère de l’Agriculture, la dépasser ne rend pas l’aliment dangereux, et il n’est pas nécessaire de le jeter, sauf si le produit est altéré. Une boîte gonflée, ou dont les sertis sont cabossés ou rouillés, se jette.

Faut-il des aliments lyophilisés ou des rations de survie ?

Non. Le SGDSN cite des conserves, des petits pots, du lait infantile, du café ou du thé : des produits courants. Choisissez ceux que votre foyer mange déjà.

À quelle fréquence vérifier la réserve ?

Deux fois par an selon la version complète du guide du SGDSN, une fois par an selon sa version simplifiée et Géorisques. Regardez les dates et mangez les produits les plus anciens.

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