Inondation : que faire avant, pendant et après
Vigicrues, vigilance Météo-France, plan de mise en sûreté, gestes quand l’eau monte, retour au logement et délais d’assurance : le guide inondation.
Par Tom Calder · Mis à jour le 30 octobre 2026 · D’après Géorisques, Vigicrues, Météo-France, service-public.gouv.fr et les agences régionales de santé

- L’inondation est le premier risque naturel en France. Pour savoir ce qui menace votre commune, demandez à la mairie son document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM).
- Deux vigilances se complètent : Vigicrues pour les principaux cours d’eau, mise à jour au moins deux fois par jour, et la vigilance pluie-inondation de Météo-France pour le ruissellement et les autres cours d’eau.
- Quand l’eau monte : ne prenez pas la voiture, ne vous engagez jamais sur une route inondée, même partiellement, ne descendez pas au sous-sol, n’allez pas chercher les enfants à l’école et réfugiez-vous à l’étage avec votre kit d’urgence.
- Au retour, faites appel à un professionnel avant de rebrancher l’électricité et le chauffage, demandez à la mairie si l’eau du robinet est potable et jetez les aliments restés dans l’eau.
- Déclarez le sinistre à votre assureur dès que vous constatez les dégâts ; si un arrêté de catastrophe naturelle est publié, vous avez au plus tard 30 jours après sa publication. Photographiez les dégâts et gardez les objets abîmés.
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Votre logement est-il exposé ?
Pour Géorisques, le site de l’État sur les risques, une inondation est une submersion temporaire, rapide ou lente, d’une zone habituellement hors d’eau. C’est le premier risque naturel en France, et il concerne une très grande majorité des territoires. Toutes les inondations ne se ressemblent pas : une crue lente de plaine survient quand un fleuve ou une rivière sort de son lit mineur et envahit son lit majeur ; une crue rapide fait monter l’eau très vite, avec un courant violent ; le ruissellement, quand la pluie ne s’infiltre plus et coule à la surface, provoque souvent un effet de surprise et rend l’évacuation difficile.
Le plus simple est de se renseigner auprès de sa mairie : elle sait quel type d’inondation peut toucher la commune, où se trouvent les lieux d’hébergement en cas d’évacuation, et tient à disposition le document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM). À l’échelle du département, la préfecture publie le dossier départemental des risques majeurs (DDRM). Si votre logement est en zone inondable, mieux vaut le savoir par temps sec.
Vigicrues et la vigilance Météo-France : deux cartes qui se complètent
La vigilance crues est produite par le service public Vigicrues, sur environ 23 000 km de cours d’eau : les principaux fleuves et rivières de l’Hexagone. Elle est publiée sur vigicrues.gouv.fr au moins deux fois par jour, à 10 h et 16 h. On peut s’y abonner au bulletin de son territoire, et le service Vigicrues Flash informe automatiquement sur le risque de crue soudaine. Voici ce que veut dire chaque couleur, selon Vigicrues :
- Vert : pas de vigilance particulière requise. Cela ne veut pas dire qu’aucune montée du cours d’eau n’est possible.
- Jaune : risque de crue avec des débordements et des dommages localisés, ou de montée rapide et dangereuse des eaux. Le jaune ne signifie pas qu’il n’y a aucun danger.
- Orange : risque de crue avec des débordements importants, susceptibles d’avoir un impact significatif sur la vie collective et la sécurité des biens et des personnes.
- Rouge : risque de crue majeure, menace directe et généralisée pour la sécurité des personnes et des biens.
Hors des grands cours d’eau : la vigilance pluie-inondation
Toutes les inondations ne viennent pas des rivières surveillées par Vigicrues. La vigilance pluie-inondation de Météo-France couvre le reste : le ruissellement, l’eau qui s’accumule dans les points bas, la remontée des nappes souterraines et le débordement des quelque 100 000 km de cours d’eau que l’État ne surveille pas. Elle figure sur la carte de vigilance.meteofrance.fr, actualisée au moins deux fois par jour, à 6 h et 16 h, qui relaie aussi la vigilance crues. L’application Météo-France permet de recevoir une notification quand votre département passe en orange ou en rouge.
Une vigilance n’est pas une alerte, rappelle Vigicrues. Elle prévient qu’un risque existe. L’alerte, elle, est déclenchée par le préfet quand le danger est avéré : il prévient les maires, qui alertent à leur tour la population. Notre guide alertes en France explique FR-Alert, la sirène et la différence entre vigilance et alerte.
Le plan de mise en sûreté : s’organiser en famille
Pour se préparer, Géorisques conseille d’établir son plan individuel de mise en sûreté (PIMS). C’est un document court, à télécharger sur Géorisques et à imprimer, qui se remplit en trois étapes : je m’informe sur les risques autour de moi et les bons comportements ; je me prépare, avec un kit d’urgence utile en cas d’évacuation comme de confinement ; j’agis, en suivant la vigilance, les signaux d’alerte et les consignes officielles.
Si votre logement peut être inondé, Géorisques recommande d’aménager une zone refuge à l’étage, avec une ouverture qui permet d’évacuer, ou de repérer un lieu proche où se réfugier. Parlez-en en famille, comme le conseille le SGDSN dans son guide « Tous responsables », et définissez un moyen de rester en contact, en privilégiant les messages pour ne pas saturer les réseaux. Pensez aussi aux voisins âgés ou isolés qui auraient besoin d’aide.
Avant : quand la vigilance passe à l’orange
En vigilance orange pour les crues ou la pluie-inondation, Météo-France prévient que des inondations importantes sont possibles et que des coupures d’électricité peuvent se produire. Parmi ses conseils : s’éloigner des cours d’eau et des points bas, ne pas s’engager sur une route immergée, ne pas descendre dans les sous-sols, éviter de se déplacer, surveiller la montée des eaux, mettre ses biens hors d’eau et localiser son kit d’urgence. Montez à l’étage ce qui craint l’eau, à commencer par les papiers, et vérifiez que votre kit est prêt :
- Une lampe de poche et des piles de rechange
- Une radio à piles, pour suivre les consignes si l’électricité est coupée
- Les téléphones et une batterie externe chargés
- De l’eau en bouteilles : le SGDSN retient 6 litres par personne
- Les médicaments du quotidien et les ordonnances
- Les photocopies des papiers essentiels dans une pochette étanche, de l’argent liquide et un double des clés
Pendant : les gestes qui sauvent
Quand l’eau monte, les consignes de Géorisques et de Météo-France tiennent en quelques gestes. La voiture est un piège : 30 cm d’eau suffisent à l’emporter, et l’agence régionale de santé d’Auvergne-Rhône-Alpes rappelle qu’une voiture n’est pas un abri, car on peut s’y retrouver bloqué et s’y noyer.
- Ne prenez pas votre voiture et ne vous engagez jamais sur une route immergée, même partiellement.
- Ne descendez pas dans les sous-sols ni dans les parkings souterrains.
- N’allez pas chercher vos enfants à la crèche ou à l’école : ils y sont en sécurité.
- Coupez si possible le gaz, l’électricité et le chauffage, sans vous mettre en danger.
- Réfugiez-vous en hauteur ou à l’étage avec votre kit d’urgence ; en dernier recours, sur le toit.
- Évitez de téléphoner, afin de laisser les réseaux disponibles pour les secours.
- Restez à l’abri et n’évacuez votre domicile que sur ordre des autorités, en emportant votre kit.
En vigilance rouge
En rouge, Météo-France prévient que des inondations très importantes sont possibles, y compris dans des zones rarement inondables, et que des digues peuvent rompre ou déborder. Ses conseils deviennent : « Je reste chez moi et je me tiens informé auprès des autorités », « Je n’utilise pas ma voiture », « Je ne vais pas chercher mes enfants à l’école », s’éloigner des cours d’eau, des points bas et des ponts pour rejoindre le point le plus haut possible, se réfugier en étage sans jamais descendre au sous-sol, et n’évacuer que sur ordre des autorités. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes ajoute : ne retournez jamais chercher quelque chose dans un lieu inondé.
Après : rentrer chez soi sans danger
Avant de rentrer, renseignez-vous auprès de la mairie sur la marche à suivre : on ne retourne chez soi que lorsque les autorités le permettent. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que l’eau peut endommager le sol et augmenter le risque d’effondrement, et demande de ne pas descendre à la cave ou au sous-sol sans l’autorisation des autorités compétentes. Faites appel à des professionnels avant de rebrancher l’installation électrique et le chauffage, et ne branchez pas les appareils électriques mouillés.
Pour le nettoyage, l’ARS conseille de retirer le maximum d’eau et de boue avec des balais-raclettes, en portant des gants, un masque et des bottes, puis de se laver soigneusement. Nettoyez ensuite à la brosse, à l’eau et au détergent, puis désinfectez avec de l’eau de Javel, un verre pour un seau de 10 litres, en respectant les précautions d’emploi et sans jamais la mélanger à un autre produit ; laissez agir 30 minutes avant de rincer. Aérez souvent et chauffez très doucement pendant plusieurs jours pour sécher la maison. Si des murs ou des sols restent gorgés d’eau (laine de verre, plaques de plâtre, parquet flottant), appelez rapidement votre assureur et des professionnels.
L’eau et les aliments après une inondation
Avant de boire l’eau du robinet, demandez à la mairie si elle est potable. Après une inondation, l’eau d’un puits n’est pas potable : renseignez-vous auprès de la mairie avant de le remettre en service, et attendez que la fosse septique soit hors d’eau avant de la faire fonctionner. En attendant, buvez de l’eau en bouteilles ; le SGDSN en prévoit 6 litres par personne dans le kit, et notre comparatif des jerricans et bidons explique pourquoi un bidon sert surtout à aller chercher de l’eau distribuée, pas à remplacer les bouteilles.
Jetez tous les aliments restés dans l’eau, ainsi que ceux d’un réfrigérateur ou d’un congélateur mis hors service pendant l’inondation.
Monoxyde de carbone : pompes, nettoyeurs et groupes électrogènes
Pour pomper, nettoyer ou sécher après une inondation, on utilise souvent des appareils à moteur thermique. Ils dégagent du monoxyde de carbone, un gaz invisible, inodore et non irritant. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes demande que les nettoyeurs à moteur thermique fonctionnent impérativement à l’extérieur des lieux d’habitation, y compris à l’extérieur des caves, sous-sols et garages. De même, n’utilisez sous aucun prétexte un groupe électrogène dans un lieu fermé (maison, cave, garage) : il doit impérativement être placé à l’extérieur des bâtiments. Les chauffages d’appoint et les groupes électrogènes doivent être éteints pendant le sommeil et en cas d’absence prolongée, et un chauffage d’appoint ne doit pas fonctionner en continu.
Les signes d’une intoxication sont des maux de tête, des nausées ou des vomissements, une fatigue intense, un malaise, parfois chez plusieurs personnes du même foyer. Au moindre doute : aérez immédiatement en ouvrant portes et fenêtres, arrêtez si possible les appareils à combustion, sortez des locaux et appelez le 15, le 18 ou le 112 (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Ne rentrez qu’avec l’accord d’un professionnel compétent, chauffagiste ou pompiers.
Assurance : la catastrophe naturelle et ses délais
Les dégâts d’une inondation peuvent être indemnisés au titre de la garantie catastrophe naturelle. Elle est incluse d’office dans les contrats qui couvrent les dommages aux biens, notamment les multirisques habitation et certains contrats automobiles. Elle ne joue que si un arrêté interministériel reconnaît l’état de catastrophe naturelle dans votre commune ; il est publié au Journal officiel. C’est la commune qui en fait la demande auprès du préfet, en général dans un délai maximal de 24 mois après l’événement : signalez vos dégâts à la mairie.
Déclarez le sinistre à votre assureur dès que vous en avez connaissance, et au plus tard 30 jours après la publication de l’arrêté, par lettre recommandée, de préférence avec accusé de réception. Joignez la liste chiffrée des biens perdus ou endommagés et ce qui prouve leur existence et leur valeur : factures, photos, vidéos. Conservez les objets abîmés pour l’expert, et gardez les factures si vous faites vous-même des réparations. N’attendez pas l’arrêté pour prévenir votre assureur et relire votre contrat.
Pour une habitation, la franchise légale est de 380 €. Les frais d’hébergement temporaire peuvent être pris en charge si votre résidence principale est devenue inhabitable. L’assureur doit verser une provision dans les 2 mois qui suivent la remise de l’état estimatif des dommages ou la publication de l’arrêté, puis l’indemnisation complète dans un délai de 3 mois ; votre contrat peut prévoir mieux.
Les numéros utiles
Le 112 est le numéro d’urgence européen, gratuit partout dans l’Union européenne. Le 18 joint les pompiers, le 15 le SAMU, le 17 police secours, et le 114, par SMS, sert aux personnes sourdes ou malentendantes. Pendant une inondation, n’appelez les secours qu’en cas de réel danger, pour laisser les lignes libres aux personnes en grand danger. Pour suivre les consignes, écoutez votre radio locale de service public (réseau ici, anciennement France Bleu) : une radio à piles fonctionne même quand l’électricité est coupée, et si vous en avez déjà une avec des piles neuves, elle suffit.
Ne vous engagez jamais sur une route inondée, même partiellement, à pied comme en voiture. Ne descendez pas dans les sous-sols ni dans les parkings souterrains, et n’allez pas chercher vos enfants à l’école : ils y sont en sécurité.
Questions fréquentes
Quelle différence entre Vigicrues et la vigilance Météo-France ?
Vigicrues suit les principaux cours d’eau, environ 23 000 km, et publie sa carte au moins deux fois par jour. La vigilance pluie-inondation de Météo-France couvre le reste : ruissellement, points bas, remontée de nappes et cours d’eau non surveillés par l’État. La carte de Météo-France relaie aussi la vigilance crues.
Faut-il aller chercher ses enfants à l’école pendant une inondation ?
Non. Géorisques et Météo-France le disent : n’allez pas les chercher. Selon Géorisques, ils sont en sécurité à la crèche ou à l’école.
Combien de temps ai-je pour déclarer une inondation à mon assureur ?
Dès que vous avez connaissance des dégâts, et au plus tard 30 jours après la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle au Journal officiel. Gardez photos, factures et objets abîmés.
Quelle franchise reste à ma charge après une catastrophe naturelle ?
Pour une habitation ou un bien à usage non professionnel, la franchise légale est de 380 €. Elle passe à 1 520 € si le dommage provient d’un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à une réhydratation du sol.
L’eau du robinet est-elle potable après une inondation ?
Pas forcément. Demandez à la mairie avant de la boire, et buvez de l’eau en bouteilles en attendant. Après une inondation, l’eau d’un puits n’est pas potable.
Sources (16)
- Géorisques : que faire en cas d’inondation
- Géorisques : les inondations
- Géorisques : mon plan individuel de mise en sûreté
- Géorisques : la vigilance
- Vigicrues : la vigilance crues
- Vigicrues : questions fréquentes
- Météo-France : vigilance pluie-inondation
- Météo-France : vigilance crues
- Météo-France : guide de la vigilance météorologique
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes : se protéger en cas d’inondation dans son logement (juin 2025)
- ARS Bretagne : inondations, attention au monoxyde de carbone (janvier 2026)
- ARS Bretagne : froid et intempéries, attention au monoxyde de carbone (novembre 2025)
- Santé.fr : comment éviter une intoxication au monoxyde de carbone
- Service-public.gouv.fr : indemnisation des catastrophes naturelles
- Info.gouv.fr : se préparer à une situation d’urgence
- SGDSN : guide « Tous responsables », version complète (PDF)
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