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Risque industriel et sites Seveso : la sirène, la mise à l’abri et les bons réflexes

Un site Seveso près de chez vous ? Ce que signifie la sirène, comment se mettre à l’abri, pourquoi ne pas aller chercher les enfants : les consignes officielles, expliquées.

Par Tom Calder · Mis à jour le 30 octobre 2026 · D’après Géorisques, le ministère de la Transition écologique et le SGDSN

Une famille ferme les fenêtres et écoute la radio, à l’abri chez elle
L’essentiel
  • En 2025, la France comptait 1 299 sites Seveso, dont 702 classés « seuil haut ». Ils stockent, utilisent ou produisent des substances dangereuses au-delà de seuils fixés par la loi, et sont soumis à une réglementation stricte.
  • En cas d’accident, l’alerte peut être donnée par la sirène : trois séquences d’une minute et 41 secondes, séparées par un silence de 5 secondes. La fin de l’alerte est un signal continu de 30 secondes.
  • Le bon réflexe est la mise à l’abri : entrer dans un bâtiment en dur, fermer portes et fenêtres, calfeutrer les aérations, arrêter la ventilation et la climatisation, s’éloigner des fenêtres.
  • Ne pas aller chercher ses enfants à l’école, éviter de téléphoner, écouter les consignes et n’évacuer que sur ordre des autorités.
  • Pas d’équipement particulier à acheter : Géorisques conseille un kit d’urgence 72 heures et un rouleau de gros scotch pour calfeutrer.
Eau, radio à piles, lampe : de quoi rester à l’abri, à la taille de votre foyerComposer mon kit →

Un site Seveso, qu’est-ce que c’est ?

Selon Géorisques, sont classés Seveso les établissements qui stockent, utilisent ou produisent des substances dangereuses, toxiques ou polluantes en quantités supérieures à certaines limites fixées par la loi. Depuis 1982, la directive européenne « Seveso » leur impose une réglementation stricte. On distingue les sites « seuil haut » et « seuil bas », selon la quantité de produits présents. En 2025, le ministère de la Transition écologique en comptait 1 299 : 702 seuil haut et 597 seuil bas.

Un accident industriel peut être un incendie, une explosion, une fuite de liquide polluant ou la dispersion d’un gaz toxique dans l’air. Ses effets (thermiques, toxiques ou de surpression) peuvent se faire sentir jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres. Deux accidents ont fait évoluer les règles : l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001, qui avait fait 31 morts, puis l’incendie des sites de Lubrizol et Normandie Logistique près de Rouen en 2019, après lequel le stockage des liquides inflammables et des matières combustibles a été mieux encadré.

Ce que l’État prévoit autour des sites

Autour des sites seuil haut, des plans de prévention des risques technologiques (PPRT), créés par la loi « Risques » du 30 juillet 2003, encadrent l’urbanisation pour mieux protéger les riverains. En juin 2025, 386 PPRT étaient en vigueur et plus de 800 communes étaient concernées ; environ 15 500 logements y font l’objet de prescriptions de travaux. Si vous achetez ou louez un logement situé dans une zone couverte par un plan de prévention des risques, la loi prévoit que vous en soyez informé.

Des commissions de suivi de site, qui associent riverains et associations, existent autour de tous les sites seuil haut. Un plan particulier d’intervention (PPI), défini par l’État, peut aussi fixer à l’avance les actions de protection et les moyens de secours en cas d’accident. Votre mairie tient à disposition les brochures éditées par l’industriel avec la préfecture : elles présentent les signaux d’alerte et la conduite à tenir.

Pour savoir quels risques concernent votre quartier, Géorisques indique trois sources : le site Géorisques, où l’on renseigne son adresse, le document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), disponible en mairie, et le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) de la préfecture.

Reconnaître la sirène

Le signal national d’alerte, décrit par le SGDSN, se compose de trois séquences d’une minute et 41 secondes, séparées par un silence de 5 secondes. La fin de l’alerte est annoncée par un signal continu de 30 secondes. Les sirènes sont testées le premier mercredi de chaque mois. Géorisques conseille d’apprendre à reconnaître ce signal dès maintenant, pour l’identifier le jour où il retentira.

Quand la sirène retentit en dehors d’un essai, mettez-vous à l’abri et écoutez les consignes. FR-Alert complète les sirènes : il envoie une notification aux téléphones présents dans la zone, même en mode silencieux, sans inscription ni application. Le message indique l’attitude à adopter, par exemple rester chez soi ou évacuer la zone. Il n’apparaît pas sur un téléphone éteint ou en mode avion.

Se mettre à l’abri : les gestes un par un

Un nuage toxique présente des risques pour la santé par inhalation, par contact avec la peau ou les yeux, ou par ingestion. La consigne est donc de s’enfermer dans un bâtiment et d’y rester. Voici, en résumé, les consignes de Géorisques :

  • Se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur et fermer portes et fenêtres.
  • Calfeutrer les ouvertures et les aérations avec du gros scotch, arrêter la ventilation et la climatisation.
  • Si l’on est en voiture, en sortir et gagner un bâtiment le plus vite possible.
  • S’éloigner des fenêtres, pour se protéger d’éventuels éclats de verre.
  • Ne pas fumer, éviter toute flamme ou étincelle.
  • En cas de gêne respiratoire, respirer à travers un linge humide.
  • Ne pas aller chercher ses enfants : ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours.
  • Éviter de téléphoner, rester à l’écoute des consignes et n’évacuer son domicile que sur ordre des autorités.

Pendant l’alerte : enfants, téléphone, radio

Ne pas aller chercher ses enfants est sans doute la consigne la plus difficile à suivre. Elle est pourtant claire : à l’école, ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours. Aller les chercher vous obligerait à sortir pendant l’alerte, alors que la consigne est justement de rester à l’abri.

Évitez de téléphoner, pour laisser les réseaux aux secours. Pour rassurer vos proches, le SGDSN conseille de privilégier les messages aux appels. Suivez les consignes à la radio et à la télévision, et ne tenez compte que des annonces des pouvoirs publics diffusées par les canaux officiels : préfecture, mairie, FR-Alert. Si le courant est coupé, une radio à piles prend le relais ; notre comparatif des radios d’urgence en compare plusieurs, mais un poste qui marche déjà fait l’affaire.

Ne quittez pas votre abri sans consigne des autorités. La fin de l’alerte est annoncée par le signal continu de 30 secondes de la sirène, et FR-Alert envoie aussi une notification de fin d’alerte. Si une évacuation est décidée, notre guide Évacuation : que faire reprend les consignes étape par étape.

Ce qui se prépare dès aujourd’hui

Si vous habitez près d’un site industriel, quelques gestes suffisent, et aucun ne coûte rien : vérifier sur Géorisques les risques à votre adresse, lire le DICRIM de votre commune, demander en mairie la brochure de l’industriel et apprendre à reconnaître la sirène. Le SGDSN propose aussi de préparer un plan individuel de mise en sûreté, pour repérer les risques qui vous entourent et les bons comportements.

En plus du kit d’urgence 72 heures, Géorisques conseille simplement de se munir de gros scotch, pour calfeutrer les ouvertures et les aérations. Pour le reste, de l’eau, de quoi manger sans cuisson, vos médicaments, une lampe et une radio à piles suffisent à tenir quelques heures à l’abri. Notre liste du kit 72 h reprend celle du SGDSN ; vous avez sans doute déjà l’essentiel.

Les numéros utiles

Le 112 est le numéro d’urgence européen, gratuit partout dans l’Union européenne. Le 15 est le SAMU, le 18 les pompiers, le 17 police secours, et le 114 le numéro d’urgence par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes. Pendant une alerte, gardez le téléphone pour les urgences : les consignes passent par la radio, la télévision et FR-Alert.

Sirène : on s’abrite, on ne sort pas

Quand la sirène retentit, entrez dans le bâtiment en dur le plus proche, fermez portes et fenêtres, arrêtez la ventilation et écoutez les consignes. Ne prenez pas la voiture pour aller chercher vos enfants : à l’école, ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours.

Questions fréquentes

Comment savoir si j’habite près d’un site Seveso ?

Renseignez votre adresse sur Géorisques, qui liste les risques près de chez vous. Le DICRIM de votre mairie et le DDRM de votre préfecture décrivent aussi les risques de la commune et du département, et la mairie tient à disposition les brochures de l’industriel.

Quand les sirènes sont-elles testées ?

Le premier mercredi de chaque mois, selon le SGDSN. En cas d’alerte réelle, le signal compte trois séquences d’une minute et 41 secondes, séparées par un silence de 5 secondes ; la fin de l’alerte est un signal continu de 30 secondes.

Faut-il partir en voiture si un nuage toxique approche ?

Non. Géorisques demande, si l’on est en voiture, d’en sortir et de gagner un bâtiment le plus vite possible, puis de rester à l’abri et de n’évacuer son domicile que sur ordre des autorités.

Que faire si je respire mal pendant la mise à l’abri ?

En cas de gêne respiratoire, Géorisques conseille de respirer à travers un linge humide. Pour une urgence médicale, le SAMU répond au 15, et le 112 fonctionne partout dans l’Union européenne.

Faut-il acheter un masque ou un équipement spécial ?

Les consignes officielles n’en demandent pas. Géorisques conseille un kit d’urgence 72 heures et du gros scotch pour calfeutrer les ouvertures ; la protection, c’est le bâtiment fermé.

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