Kit d’urgence à petit budget : la liste officielle sans tout acheter
La liste du SGDSN triée : ce que vous avez déjà, ce qui s’achète peu à peu avec les courses, et ce dont vous n’avez pas besoin.
Par Tom Calder · Mis à jour le 30 octobre 2026 · D’après le SGDSN, Géorisques, l’Anses, la Croix-Rouge et la Protection civile

- Le kit que demande le SGDSN ne coûte pas une fortune : une bonne partie de la liste se trouve déjà chez vous, comme les vêtements chauds, l’ouvre-boîte, le savon, les médicaments du quotidien ou un double des clés.
- L’eau et la nourriture s’achètent avec les courses habituelles : 6 litres d’eau par personne en bouteilles, et des conserves que vous mangez déjà. Elles se consomment au fil des mois et se remplacent, sans gaspillage.
- Les seuls achats spécifiques sont une radio à piles, une lampe de poche, des piles de rechange, une couverture de survie et, si vous n’en avez pas, une batterie externe et de quoi faire une trousse de secours. Si vous les avez déjà, ils font l’affaire.
- La liste officielle ne demande ni groupe électrogène, ni station électrique, ni rations de survie, ni filtre à eau. Les pastilles pour l’eau n’y figurent qu’en dernier recours.
- Le plus utile est gratuit : savoir comment l’alerte arrive, en parler en famille et repérer les voisins qui auraient besoin d’aide.
Ce que demande vraiment l’État
Le guide « Tous responsables » du SGDSN demande à chacun de pouvoir tenir chez soi les 72 premières heures d’une crise, souvent les plus éprouvantes, pour que les secours se concentrent sur les personnes en grande difficulté. Sa liste est courte, et elle n’a rien d’un équipement de survie : de l’eau, de quoi manger sans cuisson, de la lumière, une radio, de quoi se soigner, ses papiers et un peu d’argent liquide.
Le SGDSN prend soin de le dire : avoir conscience de la réalité de la situation n’est pas céder à l’alarmisme. À notre avis, inutile de tout acheter le même samedi : commencez sans attendre, puis rassemblez peu à peu ce qui manque. Géorisques, le site de l’État sur les risques, conseille de constituer le kit sans attendre et d’en vérifier régulièrement le contenu.
Ce que vous avez sans doute déjà
Avant d’acheter quoi que ce soit, faites le tour de la maison avec la liste. Ces éléments du SGDSN se trouvent dans la plupart des foyers :
- Des vêtements chauds (la couverture de survie, elle, s’achète : voir plus bas)
- Un couteau, un ouvre-boîte, du savon
- Vos médicaments du quotidien et une paire de lunettes de secours, si vous en avez une ancienne
- Un double des clés de la maison et de la voiture
- Un chargeur de téléphone
- Des bougies, un briquet ou des allumettes
- Des livres et des jeux pour occuper le temps
- Les photocopies de vos papiers essentiels (carte d’identité, ordonnances), à glisser dans une pochette étanche ou un sachet de congélation
L’eau et la nourriture, avec les courses
Le SGDSN demande 6 litres d’eau potable par personne, en bouteilles : 18 litres pour un foyer de trois, soit 12 bouteilles de 1,5 litre. Ce sont quelques packs de supermarché, à ajouter aux courses en une ou deux fois. L’eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé, rappelle l’Anses. Pour la stocker, en revanche, l’agence déconseille les bouteilles en plastique et indique 24 à 48 heures au réfrigérateur. Pour la réserve, des bouteilles du commerce restent la solution la plus simple.
Pour la nourriture, le SGDSN ne fixe pas de quantité : il demande des produits non périssables qui se mangent sans cuisson, comme des conserves, de la salade de fruits, de la confiture ou des petits pois carottes. Inutile d’acheter des rations spéciales. Prenez une ou deux boîtes de plus de ce que votre foyer mange déjà, à chaque passage en magasin ; notre guide combien de nourriture stocker aide à compter.
Le SGDSN demande de vérifier le kit deux fois par an. Mangez alors les produits qui approchent de leur date et remplacez-les : la réserve ne coûte presque rien de plus que vos courses habituelles, elle les avance seulement de quelques semaines.
Les quelques achats qui comptent
Il reste une poignée d’objets que tout le monde n’a pas. Ce sont eux qui servent le plus quand l’électricité est coupée : la radio pour suivre les consignes des autorités, la lumière, et un téléphone qui tient.
Pour offrir l’un de ces achats, notre sélection Petits cadeaux à moins de 25 € ne cite que des prix vérifiés sur la boutique des fabricants.
- Une radio à piles, avec des piles de rechange : notre comparatif des radios d’urgence compare des postes à piles et à manivelle. Un vieux poste qui fonctionne avec des piles neuves fait l’affaire.
- Une lampe de poche, avec des piles de rechange : voyez notre comparatif des lampes. Choisir une radio et une lampe qui prennent les mêmes piles simplifie le stock, comme l’explique notre comparatif des piles de rechange.
- Une batterie externe, si vous n’en avez pas déjà une : notre comparatif des batteries externes.
- Une couverture de survie, qui se range dans un tiroir : notre comparatif des couvertures de survie.
- De quoi faire une trousse de secours : le SGDSN cite alcool, gel hydroalcoolique, masques, pansements et compresses. Si vous en avez déjà une partie à la maison, complétez-la plutôt que d’acheter une trousse toute faite ; notre comparatif des trousses aide si vous préférez la trousse complète.
- Le SGDSN cite aussi un réchaud. Avec une nourriture qui se mange sans cuisson, ce n’est pas le premier achat ; si vous en avez un, respectez scrupuleusement son mode d’emploi, en particulier les utilisations proscrites en lieux fermés, comme le rappelle l’ARS Hauts-de-France.
Ce dont vous n’avez pas besoin
Beaucoup de produits vendus « pour la survie » ne figurent pas dans la liste officielle. Le SGDSN ne demande ni groupe électrogène, ni station électrique, ni rations lyophilisées, ni sac de survie tout prêt : pour le téléphone, il prévoit une batterie externe et un chargeur. Un groupe électrogène pose en outre un vrai risque : l’ARS Occitanie rappelle qu’il doit être placé impérativement à l’extérieur des bâtiments, et jamais utilisé à l’intérieur, y compris dans une cave, un garage ou une remise.
Pour l’eau, le SGDSN cite des pastilles de décontamination, en vente en pharmacie, en dernier recours seulement. L’Anses ne recommande pas l’usage de ces comprimés par la population à domicile en situation d’urgence, notamment parce qu’ils peuvent présenter un danger pour les enfants, susceptibles de les prendre pour des friandises. Elle ne recommande pas non plus les dispositifs de traitement, comme les filtres, pour désinfecter l’eau du robinet à domicile en situation d’urgence. L’eau en bouteilles reste la première réponse : notre guide rendre l’eau potable explique pourquoi.
Le chauffage : ne rien improviser
Quand le chauffage est coupé, on peut être tenté de se chauffer avec ce qu’on a sous la main. L’ARS Occitanie est formelle : ne jamais utiliser, pour se chauffer, des appareils non destinés à cet usage, comme une cuisinière, un brasero ou un barbecue, et ne jamais boucher les grilles de ventilation, même par grand froid. Ces gestes exposent à une intoxication au monoxyde de carbone, un gaz invisible et inodore.
Contre le froid, les vêtements chauds et la couverture du kit sont la première réponse. L’ARS Centre-Val de Loire conseille la technique de « l’oignon » : superposer plusieurs couches de vêtements, plus efficaces qu’un seul vêtement épais, et se couvrir impérativement la tête et les extrémités.
Gratuit : savoir, s’organiser, se former
Les préparatifs les plus utiles ne coûtent rien. FR-Alert prévient les téléphones présents dans une zone de danger imminent sans aucune installation préalable. La carte de vigilance de Météo-France se consulte librement, et son application permet de s’abonner aux notifications de votre département. Le SGDSN conseille aussi de prendre un temps d’échange avec votre famille, d’identifier les proches qui pourraient avoir besoin d’aide et de repérer, dans votre immeuble ou votre quartier, les personnes isolées. Notre guide plan familial de mise en sûreté vous accompagne pas à pas.
Le SGDSN encourage enfin à se former aux gestes qui sauvent. La Croix-Rouge propose la formation « Les gestes qui sauvent » en 2 heures, pour 20 €, prix qui peut varier selon la structure, dès 10 ans. La formation complète, Premiers secours citoyen (PSC), dure 7 heures et coûte généralement entre 40 et 75 € selon la Protection civile (8 heures et 60 € à la Croix-Rouge) ; les étudiants et les lycéens peuvent la suivre gratuitement en se renseignant auprès de leur conseil régional. La Croix-Rouge propose aussi des initiations gratuites lors de la Journée mondiale des premiers secours : en 2026, c’était le samedi 12 septembre.
Par où commencer, dans l’ordre
Si vous ne faites qu’une chose ce mois-ci, rassemblez dans un même endroit ce que vous avez déjà, puis ajoutez un pack d’eau par personne aux prochaines courses. Viennent ensuite la radio et la lampe, si vous n’en avez pas, puis les conserves, au fil des semaines. Rangez le kit dans un endroit facile d’accès, connu de toute la famille, et vérifiez-le deux fois par an : dates des médicaments et des aliments, piles à remplacer.
On ne se chauffe jamais avec un appareil qui n’est pas fait pour cela : ni cuisinière, ni brasero, ni barbecue. Et un groupe électrogène se place impérativement à l’extérieur des bâtiments, jamais dans la maison, la cave ou le garage.
Questions fréquentes
Combien coûte un kit d’urgence ?
Nous ne donnons pas de montant, car il dépend surtout de ce que vous avez déjà. Une grande partie de la liste du SGDSN se trouve dans la plupart des foyers ; l’eau et les conserves s’achètent avec les courses ; restent quelques objets comme une radio à piles et une lampe.
Faut-il acheter un kit tout fait ?
Non. Aucune source officielle ne le demande, et un kit tout fait contient souvent ce que vous avez déjà. Rassemblez ce qui est chez vous, puis complétez avec la liste du SGDSN.
Peut-on remplir ses propres bouteilles d’eau du robinet ?
L’Anses déconseille de stocker l’eau du robinet dans des bouteilles en plastique et indique une conservation de 24 à 48 heures au réfrigérateur, dans du verre ou de l’inox. Pour une réserve, le SGDSN demande de l’eau en bouteilles : 6 litres par personne.
Faut-il un groupe électrogène ?
Non, il ne figure pas dans la liste du SGDSN. Si vous en avez un, il se place impérativement à l’extérieur des bâtiments, jamais dans la maison, la cave ou le garage.
Existe-t-il des formations aux premiers secours gratuites ?
Les étudiants et les lycéens peuvent suivre le PSC gratuitement en se renseignant auprès de leur conseil régional, selon la Protection civile. La Croix-Rouge propose aussi des initiations gratuites lors de la Journée mondiale des premiers secours (le 12 septembre en 2026). Sinon, la formation de 2 heures de la Croix-Rouge coûte 20 €.
Sources (14)
- SGDSN : guide « Tous responsables », version complète (PDF)
- SGDSN : guide « Tous responsables », version facile à lire (PDF)
- Géorisques : mon kit d’urgence 72 h
- Anses : eau en bouteille, eau du robinet, bonnes pratiques
- Anses : avis sur l’eau de boisson en situation d’urgence (2015, PDF)
- ARS Occitanie : monoxyde de carbone (février 2026, PDF)
- ARS Hauts-de-France : monoxyde de carbone, les bons gestes
- ARS Centre-Val de Loire : vague de froid, les bons réflexes
- FR-Alert : à propos du dispositif
- Météo-France : guide de la vigilance météorologique
- Croix-Rouge française : les formations
- Croix-Rouge française : les gestes qui sauvent
- Croix-Rouge française : Journée mondiale des premiers secours
- Protection civile : la formation PSC
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